L’actrice australienne Cate Blanchett a présenté à Bruxelles une nouvelle initiative destinée à aider chacun à contrôler l’utilisation de son image, de sa voix ou de son nom par les systèmes d’intelligence artificielle. Baptisé « registre du consentement humain », cet outil gratuit entend répondre aux inquiétudes grandissantes liées au développement de l’IA générative.
L’intelligence artificielle continue de bouleverser les secteurs de la création, de la culture et de la communication. Face à cette évolution rapide, Cate Blanchett a dévoilé, mardi 23 juin au Parlement européen, une plateforme en ligne permettant aux particuliers de faire valoir leurs droits sur les éléments qui composent leur identité.
L’actrice et productrice australienne, récompensée à deux reprises par un Oscar, défend l’idée que chaque individu doit pouvoir décider librement de l’usage de son nom, de son visage ou de sa voix par les technologies d’intelligence artificielle.
Un « registre du consentement humain » accessible à tous
Développée sous le nom de RSL Media, la plateforme permet aux utilisateurs d’enregistrer différentes données liées à leur identité et de préciser les conditions dans lesquelles elles peuvent être exploitées par des systèmes d’IA.
Le dispositif repose sur trois niveaux de consentement. Le vert autorise une utilisation sans restriction, le jaune impose certaines conditions, tandis que le rouge interdit totalement l’exploitation des éléments concernés. À terme, la plateforme devrait également permettre de protéger des créations artistiques, des œuvres et des marques.
Pour Cate Blanchett, cette démarche vise à instaurer davantage de transparence dans un secteur où les modèles d’intelligence artificielle sont régulièrement accusés d’utiliser des contenus sans l’accord préalable de leurs auteurs. L’actrice avait d’ailleurs participé, en début d’année, à une lettre ouverte signée par plusieurs centaines d’artistes dénonçant les pratiques de certaines entreprises du secteur.
Un débat au cœur des enjeux européens
Présenté au Parlement européen, le projet a reçu le soutien de plusieurs responsables politiques engagés sur les questions numériques. L’eurodéputée Eva Maydell a notamment salué une initiative capable de renforcer la confiance entre les créateurs, les citoyens et les acteurs technologiques.
La vice-présidente du Parlement européen, Sabine Verheyen, a de son côté estimé que l’Union européenne devait poursuivre ses efforts pour garantir davantage de transparence autour des contenus générés par l’intelligence artificielle. Si l’AI Act constitue une première étape importante, elle plaide pour des mécanismes permettant aux créateurs de conserver un contrôle réel sur leur image, leur voix et leurs œuvres.
Le projet bénéficie également du soutien du réalisateur Steven Soderbergh, qui voit dans cette plateforme un modèle simple et efficace pour concilier innovation technologique et respect des droits individuels. Les actrices Emma Thompson et Helen Mirren ont également apporté leur soutien à cette initiative.
À travers ce registre, Cate Blanchett souhaite ouvrir une nouvelle voie dans la relation entre intelligence artificielle et création humaine. Une démarche qui pourrait préfigurer les futurs outils de protection des droits numériques à l’ère de l’IA générative.
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