Au moins 19 personnes ont été tuées lundi au Népal lors de violentes manifestations menées principalement par des jeunes, a annoncé la police. Il s’agit des pires troubles qu’ait connus le pays depuis plusieurs décennies. Plus de cent autres personnes ont été blessées dans les affrontements, qui se sont déroulés dans la capitale Katmandou et dans plusieurs autres villes.
Les protestataires dénonçaient la décision du gouvernement de bloquer Facebook et d’autres plateformes en ligne, officiellement en raison de leur « mauvaise utilisation », ainsi que la corruption endémique qui mine les institutions du pays. La contestation, baptisée par certains « mouvement de la Génération Z », a été largement portée par une jeunesse mobilisée contre les restrictions numériques et le manque de transparence du pouvoir.
À Katmandou, des centaines de manifestants ont tenté de pénétrer dans l’enceinte du parlement, forçant un barrage policier. Selon un responsable local, certains ont incendié une ambulance et lancé divers projectiles en direction des forces de l’ordre. La police anti-émeute a riposté par des tirs de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc pour disperser la foule.
Les violences ont rapidement gagné d’autres régions du pays, mettant en lumière une colère sociale qui couvait depuis plusieurs mois. Les jeunes accusent le gouvernement de restreindre la liberté d’expression et de protéger une élite politique corrompue.
Ces émeutes marquent un tournant dans la vie politique népalaise, rappelant les périodes d’instabilité passées, alors que le pays tente encore de consolider ses institutions démocratiques. Les autorités n’ont pas précisé si elles comptaient revenir sur l’interdiction des réseaux sociaux, mais elles ont appelé au calme, tandis que la communauté internationale a exprimé son inquiétude face à l’escalade de la violence.