Andy Kerbrat, député LFI, est de retour à l’Assemblée nationale après avoir été empêtré dans un affaire de drogue. Pour rappel, en octobre 2024, Andy Kerbrat est interpellé à Paris en possession de stupéfiants. Les policiers le surprennent en flagrant délit d’achat de 3-MMC, une drogue de synthèse, auprès d’un jeune revendeur mineur. L’élu reconnaît immédiatement les faits, présente ses excuses publiques et annonce entamer un protocole de soins. Cet épisode suscite des réactions contrastées dans la classe politique. Si plusieurs membres de la majorité et de la droite appellent à sa démission, des élus de son propre camp le soutiennent, invoquant la nécessité de considérer l’addiction comme un problème de santé publique plutôt que comme une faute morale.
« Le seul moyen que j’avais pour taire ma souffrance, c’était cette mauvaise solution de l’addiction. »
À la suite de son interpellation, Andy Kerbrat prend un congé maladie et entre en cure de désintoxication dans une unité hospitalière spécialisée à Nantes. Pendant plusieurs mois, il suit un traitement encadré par des professionnels de santé. Ce mois-ci, alors qu’il revient à l’Assemblée nationale, il a accordé une interview à RTL dans laquelle il révèle les causes profondes de sa consommation de drogue. Il raconte notamment avoir été victime de violences sexuelles dans son enfance, évoquant un viol et des faits d’inceste qui n’ont jamais été élucidés : « Le viol et l’inceste dont j’ai été victime dans mon enfance m’ont explosé à la gueule. » La mort de sa mère en septembre 2022 a, selon lui, ravivé une douleur restée enfouie pendant des années. Il explique que l’addiction a été pour lui une réponse à une souffrance psychique insupportable : « Le seul moyen que j’avais pour taire ma souffrance, c’était cette mauvaise solution de l’addiction » a-t-il ainsi déclaré.
Andy Kerbrat admet avoir songé à quitter la vie politique, mais dit avoir finalement choisi de rester pour transformer cette épreuve en engagement. Il affirme vouloir désormais défendre la dignité des personnes dépendantes, souvent stigmatisées, et militer pour une approche sanitaire plutôt que punitive des usages de drogues. Il se déclare favorable à la dépénalisation médicale de certaines substances et souhaite porter cette cause au sein de l’Assemblée.
Andy Kerbrat reconnaît que le « stigmate » de son interpellation lui restera, mais affirme également qu’il en tire une forme de force. Le député souhaite désormais que son retour au Palais Bourbon puisse servir à faire bouger les lignes sur la manière dont la société traite les personnes en proie à l’addiction et aux traumatismes…