La drogue n’est pas seulement une affaire de narcotrafic en Martinique, elle est aussi devenue un fléau sanitaire. Ce mercredi 26 mars, lors des questions au gouvernement au Sénat, la sénatrice martiniquaise Catherine Conconne a interpellé l’exécutif sur les ravages de la consommation de drogues dans les Outre-mer, en particulier chez les jeunes. Elle dénonce une vague d’addiction qui submerge les services de santé mentale, impuissants face à l’ampleur du phénomène.
Une jeunesse martiniquaise submergée par l’addiction
« J’habite un territoire concerné par des saisies records de produits, mais qui voit aussi monter les effets d’une consommation préoccupante », a-t-elle déclaré, soulignant que près de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans admettent consommer du cannabis. Selon elle, les professionnels de santé mentale sont à bout de souffle et la réponse sanitaire est largement insuffisante, comme l’a récemment souligné la Cour des comptes dans un rapport critique sur le manque de ciblage des politiques publiques envers les jeunes.
Face à elle, le ministre délégué à la Santé Yannick Neuder a reconnu l’ampleur du drame, évoquant « 100 000 décès liés à la drogue par an », dont « 60 000 par cancers, notamment chez les jeunes ». Il a mis en avant le plan santé mentale, grande cause nationale 2025, qui prévoit des campagnes de prévention, notamment à destination des jeunes et des femmes enceintes. Mais aucune mesure spécifique aux territoires ultramarins n’a été évoquée, laissant un goût amer à la représentante de la Martinique.
Peu convaincue par cette réponse qu’elle juge trop vague, Catherine Conconne a réclamé un engagement clair et daté. « On en parle depuis très longtemps », a-t-elle rappelé, critiquant une prévention qui se limite à « une petite journée par-ci, un petit spot radio par-là ». Elle appelle à une mobilisation à la hauteur de la crise sanitaire et sociale qui frappe son territoire, et exhorte le gouvernement à sortir de l’inaction.
« Nous sommes face à une humanité qui est en train de s’effondrer face à la drogue », a conclu la sénatrice. Une phrase choc qui résonne comme un ultime avertissement : en Martinique, la jeunesse sombre, et le temps des demi-mesures semble révolu.