WASHINGTON — Le sénateur républicain Markwayne Mullin (Oklahoma) a affirmé dimanche que les enfants nés sur le sol américain de parents immigrés en situation irrégulière devraient être expulsés en même temps que leurs parents, relançant un débat sensible sur le droit du sol et l’immigration aux États-Unis.
Invité de l’émission « Meet the Press » sur NBC, Mullin a défendu l’idée que le fait de naître aux États-Unis ne devrait pas nécessairement conférer la citoyenneté américaine, si les parents sont en infraction avec la loi sur l’immigration. « Si les parents sont expulsés, leurs enfants doivent les suivre, même s’ils sont nés ici », a-t-il déclaré, suggérant ainsi une remise en question implicite du 14e amendement de la Constitution américaine.
Cette déclaration intervient deux jours après une décision majeure de la Cour suprême, qui a autorisé l’administration Trump à limiter certaines formes de citoyenneté et à renforcer l’expulsion d’immigrés en situation irrégulière, dans le cadre de sa politique migratoire dure. La Maison Blanche n’a pas encore précisé si cette nouvelle jurisprudence serait utilisée pour cibler les enfants nés sur le territoire américain.
Le droit du sol, ou jus soli, garantit depuis 1868 que toute personne née aux États-Unis est automatiquement citoyenne américaine, indépendamment du statut migratoire de ses parents. Cette disposition, longtemps considérée comme intouchable, est depuis plusieurs années dans le viseur de plusieurs élus républicains proches de Donald Trump, qui y voient un « appel d’air » pour l’immigration clandestine.
Les propos de Mullin ont suscité une vive réaction chez les défenseurs des droits des immigrés et les juristes. Nombre d’entre eux ont rappelé que toute remise en cause du 14e amendement nécessiterait une réforme constitutionnelle d’une complexité extrême. « Ce genre de proposition est non seulement juridiquement intenable, mais aussi moralement troublante », a réagi l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU) dans un communiqué.
Alors que les tensions montent autour du projet de loi de Donald Trump sur les impôts et les dépenses, dont Mullin est un fervent soutien, cette sortie publique s’inscrit dans un climat politique marqué par des positions de plus en plus tranchées sur la question migratoire, à l’approche des élections de mi-mandat de 2026.