WASHINGTON – Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche qu’il comptait venir en aide aux réfugiés afghans détenus depuis plusieurs années aux Émirats arabes unis, après avoir fui leur pays lorsque les talibans ont consolidé leur pouvoir. Cette déclaration survient alors même que son administration a récemment adopté des mesures drastiques pour limiter l’immigration et restreindre l’accès à la protection humanitaire.
« Nous allons les aider », a déclaré Trump à propos des réfugiés afghans, sans préciser la nature exacte de l’aide envisagée ni le calendrier d’action. Ces personnes, pour la plupart anciennes collaboratrices ou collaborateurs des forces occidentales ou membres de la société civile, avaient quitté l’Afghanistan au moment de la reprise du pouvoir par les talibans en 2021 et sont depuis bloquées dans des centres de rétention aux Émirats, notamment à Abu Dhabi.
Cette prise de position contraste avec les politiques adoptées par le président républicain depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025. À peine investi, Trump avait suspendu le programme de réinstallation des réfugiés, gelant ainsi l’accueil de milliers d’Afghans déjà approuvés pour entrer sur le territoire américain. En avril, son administration a aussi mis un terme aux protections temporaires contre l’expulsion accordées à des milliers d’Afghans vivant aux États-Unis, rendant leur statut particulièrement précaire.
L’annonce de Trump intervient dans un contexte électoral tendu, marqué par une pression croissante des groupes humanitaires et des anciens militaires américains qui réclament une résolution rapide de la situation des Afghans restés en attente de réinstallation, souvent dans des conditions déplorables. Plusieurs voix, y compris parmi les républicains, appellent à honorer les promesses faites aux alliés afghans des États-Unis durant les deux décennies de guerre.
Aucune décision formelle n’a encore été annoncée quant à un plan de relocalisation ou à l’évacuation des réfugiés vers les États-Unis ou d’autres pays partenaires. L’administration Trump n’a pas non plus précisé si elle reviendrait sur les récentes restrictions imposées aux bénéficiaires potentiels de l’asile ou aux détenteurs de visas spéciaux.
L’aide promise pourrait donc se heurter aux propres barrières réglementaires que l’administration a mises en place. Reste à savoir si cette déclaration marque un véritable changement de cap ou s’inscrit dans une stratégie de communication politique face aux critiques croissantes sur le traitement des réfugiés afghans.