B-29_Enola_Gay_w_Crews
MARIANAS: CREWS..The ground crew of the B-29 "Enola Gay" which atom-bombed Hiroshima, Japan. Col. Paul W. Tibbets, the pilot is the center. Marianas Islands.

Sous l’impulsion de Donald Trump, l’administration américaine a lancé une vaste et courageuse opération de nettoyage dans les institutions fédérales, visant à supprimer les traces des programmes de diversité, équité et inclusion (DEI). Si l’objectif de restaurer une culture du mérite et de recentrer l’armée sur sa mission première – la défense nationale – peut être défendu, la méthode employée semble parfois dénuée de discernement.

En effet, parmi les suppressions opérées par le Département de la Défense, certaines ont pris un tour absurde. La disparition des archives du bombardier Enola Gay, simplement parce que son nom contient le mot « gay », est emblématique d’un excès bureaucratique qui frise le ridicule. Plus préoccupant encore, les documents concernant les Tuskegee Airmen, premiers pilotes noirs de l’US Air Force, ou encore les premières femmes pilotes de chasse, ont été ciblés. Or, célébrer le courage et l’engagement de ceux qui ont servi sous l’uniforme américain ne relève pas du militantisme idéologique, mais de la reconnaissance historique.

Le combat contre l’idéologie woke est essentiel pour préserver une société fondée sur la compétence et non sur des quotas artificiels. Mais il ne doit pas se transformer en une croisade aveugle, risquant d’effacer des figures exemplaires qui incarnent, elles aussi, l’excellence et le patriotisme. L’armée ne doit ni sombrer dans la wokisation, qui fragilise son efficacité, ni s’engager dans une purge mal calibrée qui finit par nuire à son propre héritage.

Plutôt qu’une guerre des extrêmes, la priorité devrait être de restaurer un équilibre : mettre un terme aux dérives idéologiques qui minent les institutions sans renier les pages glorieuses de l’histoire américaine. En voulant expurger le wokisme jusqu’à l’excès, l’administration Trump prend le risque de donner à ses opposants un argument de poids : celui de l’irrationalité et du dogmatisme. Or, le combat culturel se gagne par la clarté et la raison, non par la caricature et la précipitation.

Partager