Après un passage à La Réunion, Manuel Valls entame ce mardi une visite éclair à Mayotte dans un climat de forte tension. Le ministre des Outre-mer est attendu pour faire le point sur la reconstruction post-cyclone Chido, mais aussi pour présenter les contours de la loi-programme Mayotte, très contestée localement. Il entame sa tournée sur le chantier du plateau sportif de M’tsapéré, restauré par le bataillon de reconstruction. Il poursuivra par une visite de la zone tampon reconvertie en décharge temporaire, et d’un chantier de logements de la SIM, avant de rencontrer des entrepreneuses et des élus.
Grève générale, pénuries et précarité structurelle
Mais l’agenda ministériel se heurte à une grève générale lancée ce mardi par les syndicats, soutenus par des collectifs citoyens, qui dénoncent les inégalités sociales persistantes et réclament la suppression du titre de séjour territorialisé. Ce climat social explosif s’ajoute à d’autres urgences, comme la saturation du port de Longoni, où les conteneurs s’accumulent et où les pénuries menacent à nouveau. Des mesures dérogatoires ont été prises, mais leur efficacité reste à prouver à moyen terme.
Le ministre doit également aborder les problématiques d’habitat informel, avec une visite à Dzoumogné où des opérations de démolition ont commencé pour libérer du foncier public. Mais les relogements proposés sont souvent refusés, faute de solutions viables. Enfin, sur l’îlot Mtsamboro, Valls inspectera le futur ponton destiné à renforcer la lutte contre l’immigration clandestine. La visite se clôturera sur le dossier sensible de la gestion de l’eau, alors que la fin de la saison des pluies inquiète les autorités.
Face à la fragilité des infrastructures, la pression démographique et l’exaspération croissante d’une partie de la population, ce déplacement s’annonce périlleux. Mayotte, en état d’urgence sociale permanent, attend désormais des réponses concrètes, loin des promesses réitérées.