La présidente de France terre d’asile, Najat Vallaud-Belkacem, a provoqué une onde de choc politique en affirmant, dans L’Humanité, qu’une régularisation massive de 250 000 clandestins « rapporterait près de trois milliards d’euros par an » à l’État. Une thèse aussi idéologique qu’irréaliste. La droite dénonce un discours militant indigne d’une magistrate de la Cour des comptes.
Des chiffres « idéologiques et dangereux »
Selon l’ancienne ministre socialiste, la régularisation des sans-papiers et la fin des politiques de lutte contre l’immigration clandestine permettraient de dégager « 3,3 milliards d’euros » d’économies. L’ONG France terre d’asile avance plusieurs pistes : supprimer les obligations de quitter le territoire (OQTF), réduire les places en centres de rétention administrative (CRA) et régulariser massivement les travailleurs illégaux, dont les cotisations et impôts supposés feraient rentrer des milliards dans les caisses publiques.
« Notre politique migratoire actuelle est un double gâchis : humain et financier », a soutenu Najat Vallaud-Belkacem, plaidant pour une France « plus fraternelle ».
Une vision contredite par l’Observatoire de l’immigration et de la démographie (OID), qui rappelle que l’immigration coûte 3,4 % du PIB par an à la France, soit plus de 80 milliards d’euros. Son directeur, Nicolas Pouvreau-Monti, souligne que « le taux d’emploi des immigrés reste inférieur de sept points à celui des natifs, et que leurs contributions fiscales ne compensent pas le coût social ».
Pierre Danon chiffre, lui, à 41 milliards d’euros le coût net de l’immigration, une fois déduites les cotisations.
La droite saisit Pierre Moscovici : « La France n’est pas à vendre ! »
Ces déclarations, jugées incompatibles avec la neutralité d’un membre de la Cour des comptes, ont fait bondir les députés de la droite républicaine. Sous l’impulsion de Laurent Wauquiez et Patrick Hetzel, une quarantaine d’élus ont adressé un courrier au premier président Pierre Moscovici, exprimant leur « préoccupation » face à une « confusion dangereuse entre militantisme et impartialité ».
« L’usage du prestige de la Cour des comptes pour légitimer un discours idéologique remet en cause la neutralité de l’institution », dénoncent-ils, appelant à des mesures « correctrices voire disciplinaires ».
La proposition de France terre d’asile illustre une inversion totale des priorités : plutôt que de maîtriser l’immigration, certains plaident pour l’encourager, au nom d’un bénéfice budgétaire illusoire. Or, comme le rappelle l’OID, la France dépense chaque année plus de 3,4 % de sa richesse nationale pour financer les politiques migratoires et sociales liées à l’immigration. Régulariser les clandestins ne comblerait pas les déficits : cela les creuserait encore.