La bataille pour la présidence des Républicains s’intensifie avec l’entrée en lice de Bruno Retailleau face à Laurent Wauquiez. Alors que ce dernier met en garde contre une « guerre de chefs », il défend sa légitimité en insistant sur la nécessité d’un président totalement dédié au parti. Il critique ainsi la candidature du ministre de l’Intérieur, estimant que ce dernier, pris par ses fonctions à Beauvau, ne pourrait pas incarner une opposition forte et indépendante.
Laurent Wauquiez, qui cherche à marquer sa différence, élargit son discours au-delà des thématiques sécuritaires portées par Retailleau. Il met l’accent sur la lutte contre « l’assistanat », un terme qu’il avait déjà employé en 2011 en dénonçant « un cancer de la société française ». Il insiste sur la nécessité de valoriser le travail et de revoir le système social, tout en se positionnant comme le candidat capable de structurer une droite « ré-entendue par les Français ».
Loin de vouloir s’engager dans un duel destructeur, Retailleau assure que la campagne ne sera pas un « match sanglant ». Pourtant, une tension persiste entre les deux hommes, notamment sur la question d’un pacte de non-concurrence que Wauquiez affirme avoir conclu avec Retailleau avant que celui-ci ne change d’avis. Le ministre, lui, réfute toute promesse de retrait.
Sur la question du Rassemblement national, Wauquiez adopte une posture ambiguë. Il rejette l’idée d’un « cordon sanitaire » mais attaque le RN sur son programme économique, qu’il juge incompatible avec la vision de la droite traditionnelle. Il affirme cependant que « la question d’une alliance avec le RN n’a aucune actualité ».
L’élection interne des Républicains, prévue pour les 17 et 18 mai, pourrait bien devenir une première bataille en vue de la présidentielle de 2027. Derrière la lutte pour la présidence du parti, c’est une question plus large qui se pose : quelle droite pour l’après-Macron ?