Philippines : Sara Duterte qualifie sa procédure de destitution de "bout de papier" et réclame son abandon
Philippines : Sara Duterte qualifie sa procédure de destitution de "bout de papier" et réclame son abandon

La vice-présidente philippine Sara Duterte a vivement réagi à la procédure de destitution lancée contre elle, la qualifiant dans sa réponse officielle au Sénat de « rien de plus qu’un bout de papier ». Dans un ton défiant, elle a affirmé que la plainte était dénuée de fondement juridique et devait être rejetée pour cause d’inconstitutionnalité.

Cette déclaration survient alors que la chambre basse du Congrès a approuvé une motion visant à entamer une procédure de destitution à son encontre. L’affaire, qui agite fortement la scène politique philippine, est perçue comme un révélateur des luttes de pouvoir internes au sein de l’exécutif, dans un climat déjà tendu marqué par une rupture croissante entre Duterte et le président Ferdinand Marcos Jr.

La confrontation entre les deux plus hauts dirigeants du pays s’est intensifiée ces derniers mois, alimentant une crise politique de plus en plus ouverte. Le différend aurait pour origine des désaccords profonds sur la gouvernance, les nominations gouvernementales et l’orientation stratégique du pays. Cette lutte d’influence a désormais débouché sur une véritable épreuve de force institutionnelle.

Sara Duterte, fille de l’ancien président Rodrigo Duterte, conserve une forte base de soutien, notamment dans le sud du pays, et reste une figure influente de la droite populiste philippine. Son camp dénonce une manœuvre politique orchestrée pour affaiblir son avenir électoral, alors que les spéculations vont bon train sur une possible candidature à la présidence en 2028.

En qualifiant la plainte d’inconstitutionnelle, la vice-présidente tente de faire valoir que les motifs invoqués ne répondent pas aux critères légaux requis pour une destitution. Aucun détail précis sur les accusations n’a été communiqué dans l’immédiat, mais plusieurs observateurs estiment qu’elles seraient liées à des abus présumés de pouvoir et à des conflits d’intérêts.

Le Sénat philippin, qui détient le dernier mot dans la procédure, devra décider dans les prochaines semaines s’il accepte d’instruire le dossier. L’issue dépendra largement des équilibres politiques internes et des jeux d’alliances entre les partisans de Marcos et ceux de Duterte.

Ce bras de fer au sommet de l’État risque de paralyser durablement le fonctionnement du gouvernement, à un moment où le pays fait face à des défis économiques importants, notamment l’inflation, la pauvreté persistante et les tensions géopolitiques croissantes en mer de Chine méridionale.

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