LAHORE — La police pakistanaise a arrêté mardi plus de 150 militants du Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), le principal parti d’opposition, lors de manifestations organisées à travers le pays à l’occasion du deuxième anniversaire de l’incarcération de leur leader, l’ancien Premier ministre Imran Khan. Ces rassemblements, bien que globalement pacifiques, ont été réprimés par les autorités, notamment dans la province du Pendjab.
Selon des responsables de la police et de la sécurité, près de 120 personnes ont été interpellées lors de descentes effectuées dans la nuit et au petit matin, tandis qu’une trentaine d’autres ont été arrêtées durant les manifestations à Lahore. Faisal Kamran, inspecteur général adjoint de la police, a précisé que parmi les personnes arrêtées figuraient des militants tentant de bloquer les routes principales.
Environ 200 partisans du PTI s’étaient réunis devant un tribunal de Lahore en scandant « Libérez Imran Khan ! », tandis que d’autres petits groupes se mobilisaient ailleurs dans la ville. À Quetta, des femmes sympathisantes ont crié « À bas le gouvernement ! », et à Karachi, les rues ont vu défiler des militants en vélos, pousse-pousses et autres véhicules, brandissant portraits et drapeaux à l’effigie de leur leader.
Le porte-parole du parti, Zulfikar Bukhari, a affirmé que rien qu’à Lahore, plus de 200 arrestations avaient été recensées, dénonçant une campagne de répression politique systématique contre le PTI. Il a qualifié les mesures prises par les forces de l’ordre d’« intimidations flagrantes » et de « tentative d’écraser toute forme de dissidence pacifique ».
Imran Khan, ancien champion de cricket devenu homme d’État, a été emprisonné en 2023 à la suite de plusieurs condamnations pour corruption et autres infractions, qu’il et ses partisans ont toujours dénoncées comme étant politiquement motivées. Depuis lors, le PTI accuse le gouvernement et l’armée d’avoir orchestré une purge politique visant à l’écarter définitivement de la scène publique.
Parallèlement à ces manifestations, les tensions politiques se sont intensifiées avec la disqualification récente de neuf députés du PTI, accentuant les divisions au sein du paysage politique pakistanais à l’approche de nouvelles élections incertaines.
À Islamabad et à Rawalpindi, la situation est restée calme mardi, bien que les forces de l’ordre aient été fortement déployées aux points névralgiques. Si les vidéos relayées par la branche médiatique du PTI témoignent d’une mobilisation nationale, leur véracité n’a pas pu être confirmée de manière indépendante.
Ce nouvel épisode de répression met une fois de plus en lumière la fragilité démocratique du Pakistan et le climat de plus en plus tendu entre le pouvoir en place et ses opposants.