Olivier Faure ne bougera pas. Deux jours après le retrait de Boris Vallaud des instances dirigeantes, le premier secrétaire du Parti socialiste a fermé la porte à toute démission, lundi 11 mai, au micro de franceinfo. Sa ligne tient en une formule, martelée comme un rappel à l’ordre interne: il entend continuer « sur la base du mandat » reçu, lui qui a été élu jusqu’au prochain congrès, annoncé après l’élection présidentielle.
Vendredi, Boris Vallaud, député des Landes et président du groupe Socialistes à l’Assemblée nationale, a choisi la sortie plutôt que la bataille de couloir. Il met en cause la méthode de travail et la stratégie pour 2027, parlant d’une « collégialité bâclée » et d’une « brutalisation du fonctionnement ». Le message est limpide: ce n’est pas seulement une affaire d’ego, c’est une contestation du pilotage et du climat, dans un parti qui se rêve collectif mais se heurte à ses vieilles habitudes.
Au PS, l’autorité contestée et le spectre du « congrès permanent »
Dans les couloirs socialistes, la scène se complique. Le départ de Vallaud, qui s’était rallié à Faure au second tour du congrès de juin 2025, fragilise un équilibre déjà précaire et nourrit l’idée que le premier secrétaire n’aurait plus de majorité. Rémi Branco, porte-parole du parti, a laissé entendre qu’un dirigeant minoritaire devrait quitter ses fonctions, pendant qu’un député de l’opposition interne lâchait une phrase au vitriol: « dans un monde normal, fait d’honneur et de courage, le premier secrétaire démissionnerait ». Une petite musique qui ne dit pas son nom : celle de l’épreuve de force.
Face à cette contestation, Olivier Faure répond par la stabilité, ou ce qu’il en reste. Il refuse l’idée d’un changement de direction à court terme et met en garde contre un « congrès permanent », comme si le PS risquait de s’épuiser à rejouer indéfiniment la même scène. L’argument parle aux militants fatigués des querelles internes, mais il agace ceux qui voient dans l’immobilisme une manière de gagner du temps, sans trancher les sujets qui fâchent.
Implacable, Boris Vallaud n’a pas réclamé la tête de son ancien allié, préférant avancer l’idée de rencontres autour d’une « nouvelle gauche plurielle », pendant que les débats sur les alliances et la préparation de la présidentielle continuent de diviser. Et pendant que le PS se cherche un mode d’emploi, Jean-Luc Mélenchon occupe déjà le terrain médiatique depuis sa déclaration de candidature, laissant aux socialistes une perspective peu confortable : soit ils se rassemblent vite, soit ils regarderont encore une fois le match depuis la tribune.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.