À une semaine des élections législatives en Allemagne, le chancelier Olaf Scholz a dénoncé, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, l’intervention des États-Unis dans le débat politique national. Il a réagi aux propos du vice-président américain JD Vance, qui avait critiqué l’ostracisation de l’AfD et plaidé pour la fin du « cordon sanitaire » autour du parti d’extrême droite. « La direction que prendra notre démocratie, nous seuls en décidons. Nous et personne d’autre ! », a martelé le chancelier allemand, estimant que de telles interventions étaient inacceptables, surtout entre alliés.
Le discours de JD Vance, qui évoquait une « liberté d’expression en retrait » en Europe et remettait en cause la politique migratoire du Vieux Continent, a suscité la stupeur parmi les dirigeants européens. Malgré ces tensions, Olaf Scholz a tenu à réaffirmer l’importance du partenariat transatlantique, tout en plaidant pour une industrie européenne de l’armement plus forte. Il a également assuré que l’Allemagne continuerait à acheter des équipements militaires américains, tout en insistant sur le besoin de renforcer l’autonomie européenne en matière de défense.
Sur l’Ukraine, le chancelier a réitéré son refus de toute « paix imposée » à Kiev, en réponse aux incertitudes générées par l’attitude de l’administration Trump vis-à-vis du conflit. Il a rejeté l’idée d’un découplage entre la sécurité européenne et américaine, tout en appelant à une augmentation significative des dépenses militaires allemandes, dépassant les 2 % du PIB. Une réforme du « frein budgétaire » pourrait être nécessaire après les élections afin d’exclure ces dépenses du cadre strict des finances publiques.