Après des débats intenses, l’Assemblée nationale s’apprête ce mardi à adopter une proposition de loi ambitieuse contre le narcotrafic. Soutenu par les ministres Bruno Retailleau et Gérald Darmanin, ce texte marque un tournant majeur dans la lutte contre la criminalité organisée en France. Portée initialement par les sénateurs Étienne Blanc (LR) et Jérôme Durain (PS), la loi a été renforcée à l’Assemblée, devenant l’un des piliers de la politique sécuritaire du gouvernement.
Au cœur de cette réforme, la création d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), calqué sur le modèle du parquet national antiterroriste, permettra de mieux coordonner les enquêtes sur les réseaux criminels les plus dangereux. Autre mesure phare : la mise en place d’un régime incitatif pour les « repentis », destiné à fragiliser les cartels de l’intérieur en encourageant les défections.
Un arsenal législatif renforcé face à un fléau national
Saluée par le bloc central, la droite et le Rassemblement national, la loi comprend aussi un arsenal renforcé : garde à vue étendue à 120 heures pour les mules, activation à distance d’objets connectés, ou encore la création du « dossier coffre » pour protéger les identités des informateurs. Autant d’outils que Bruno Retailleau juge « indispensables face à des trafiquants mieux armés et organisés que jamais ».
Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a également fait adopter la création de quartiers carcéraux spécialisés pour les gros trafiquants, une mesure destinée à mieux sécuriser les établissements pénitentiaires et éviter les connexions avec l’extérieur. S’il a suscité quelques réticences à gauche, ce dispositif a été amendé pour respecter les équilibres institutionnels.
La possibilité pour les préfets d’interdire de paraître sur les points de deal ou de fermer des commerces soupçonnés de blanchiment fait aussi partie des mesures adoptées. Le gouvernement assume une approche résolue, estimant que le temps des demi-mesures est révolu. « Il s’agit de réarmer l’État de droit », a martelé Bruno Retailleau dans l’hémicycle.
Malgré l’opposition de La France insoumise et les réserves du groupe écologiste, la loi devrait être adoptée ce mardi. Une commission mixte paritaire harmonisera ensuite le texte entre les deux chambres, avant une adoption définitive attendue fin avril. Une avancée décisive dans la guerre contre les narco-réseaux.