Martin Schulz, l’Allemand qui a provoqué la chute de Marine Le Pen
Martin Schulz, l’Allemand qui a provoqué la chute de Marine Le Pen

Au Parlement européen à Strasbourg, personne n’aurait pu imaginer que la décision administrative prise par l’Allemand Martin Schulz en mars 2015 déclencherait, dix ans plus tard, une onde de choc politique majeure en France. C’est ce qu’a rapporté la revue française Le Point.

Selon la publication, ce député allemand du Parti social-démocrate (SPD) n’avait sans doute pas anticipé les conséquences politiques de son action sur Marine Le Pen, alors candidate favorite pour la présidentielle française selon les sondages. Pourtant, c’est lui qui avait mis en lumière une affaire concernant les assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national), dirigé par Le Pen.

Schulz, âgé de 69 ans, était une figure centrale du Parlement européen à cette époque. Autodidacte et polyglotte maîtrisant cinq langues, dont le français, il a gravi tous les échelons de l’institution sans jamais obtenir de diplôme universitaire.

Un homme direct et des tensions avec Le Pen

À Strasbourg, Schulz est connu pour son style franc et direct. Il s’est notamment fait remarquer lors de mémorables confrontations politiques, en particulier avec Silvio Berlusconi (1936-2023). En 2003, le Premier ministre italien l’avait comparé à un « kapo » – un détenu devenu gardien dans un camp de concentration nazi – provoquant une crise diplomatique majeure entre l’Allemagne et l’Italie.

Ses relations avec Marine Le Pen étaient également tendues. Schulz était un fervent défenseur d’une nouvelle constitution européenne, prônant une « États-Unis d’Europe », alors que Le Pen était farouchement opposée aux institutions européennes, critiquant ouvertement la Commission européenne.

Un séisme politique en France

Aujourd’hui, la justice française a interdit Marine Le Pen de se présenter à l’élection présidentielle pendant cinq ans, l’empêchant ainsi de briguer un quatrième mandat en 2027. Un verdict qualifié de « séisme politique ». Schulz, contacté par Le Point, a refusé de commenter la décision du tribunal français.

Toutefois, son silence ne change rien au fait qu’il a, sans le vouloir, été à l’origine d’un bouleversement majeur dans le paysage politique français.

Une affaire déclenchée par une lettre anonyme

Tout remonte à 2015, lorsqu’une lettre anonyme est arrivée sur le bureau de Schulz. Elle contenait des accusations contre Catherine Griset, alors cheffe de cabinet de Marine Le Pen au Front national, ainsi que contre Thierry Légier, son garde du corps.

Intrigué, Schulz transmet la lettre à l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), après avoir constaté une anomalie : sur les 24 assistants parlementaires du FN au Parlement européen, 20 figuraient également dans l’organigramme du parti à Paris.

C’est cette décision administrative, prise sans mesurer pleinement ses conséquences futures, qui a finalement conduit, dix ans plus tard, à un tournant décisif dans la politique française.

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