Manifestation du RN : "Je ne lâcherai rien!" Marine Le Pen fustige une justice politisée et remercie ses soutiens
Marine Le Pen

Marine Le Pen s’est exprimée longuement ce dimanche devant ses partisans, place Vauban à Paris, quelques jours après l’annonce de sa condamnation judiciaire. La cheffe de file du Rassemblement National a dénoncé ce qu’elle considère comme un « acharnement judiciaire » motivé non pas par le droit, mais par des considérations politiques.

D’un ton grave et indigné, elle a vivement critiqué le déroulement de son procès, qu’elle qualifie d’« audience marquée par une partialité insolente », pointant du doigt le fait que l’affaire ait été confiée à une magistrate syndiquée, selon elle engagée politiquement. « Ce n’est pas une décision de justice, c’est une décision politique », a-t-elle martelé, accusant la magistrature d’avoir détourné sa mission au profit d’intérêts partisans.

Revenant sur les motivations de la juge, Marine Le Pen a évoqué un verdict exécuté dans une urgence suspecte, comme si l’objectif était d’« l’éliminer de la vie politique, sans retour possible ». Elle a décrit le procès comme un simulacre de justice, remettant en cause le fondement même de l’État de droit. « La justice, dans un pays de droit qui se respecte, ne peut pas être une loterie. L’innocent doit attendre la justice, pas la craindre », a-t-elle déclaré sous les applaudissements nourris de ses sympathisants.

Une justice remise en question, mais pas rejetée

Marine Le Pen a néanmoins tenu à préciser qu’elle ne remettait pas en cause l’ensemble de la magistrature. « Je ne mets pas tous les magistrats dans le même sac », a-t-elle nuancé, affirmant que le RN ne cherche pas à se soustraire aux lois, mais refuse d’être placé en situation d’infériorité face à elles. « Nous ne demandons pas à être au-dessus des lois, mais pas en dessous », a-t-elle insisté, réaffirmant son attachement à une justice impartiale et digne.

Dans un appel à l’unité et au respect, elle a condamné les insultes et les menaces visant les magistrats, les qualifiant de « comportements indignes qui ne servent en rien la cause que nous défendons ». Une façon de se distinguer d’une base parfois radicalisée, tout en poursuivant sa critique de ce qu’elle perçoit comme une dérive institutionnelle.

Un soutien politique affiché, un électorat mobilisé

Entourée de figures majeures du camp national, Marine Le Pen a remercié chaleureusement ses alliés, Louis Aliot, Jordan Bardella et Éric Ciotti, ainsi que des dirigeants européens et internationaux dont elle n’a pas précisé les noms, mais qui, selon elle, voient dans cette condamnation une menace contre la démocratie représentative.

Elle a ensuite galvanisé la foule, visiblement émue, en lançant : « Je ne lâcherai rien ! », immédiatement reprise par un chant spontané de « Marine Présidente ! » dans l’assemblée. S’adressant directement à ses soutiens, elle a conclu : « Ils font cela car nous sommes en train de gagner. Vous êtes en train de gagner ! Nous sommes le parti des bâtisseurs, des conquérants ! Vive la justice, Vive la République, Vive la France ! »

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