À peine nommé, déjà parti. Hugues Périnet-Marquet, professeur émérite de droit privé à Panthéon-Assas, a renoncé à la mission sur les loyers impayés que lui avait confiée le ministre délégué au logement, Vincent Jeanbrun, seulement deux jours plus tôt.
Une sortie express, sur fond de débat qui s’électrise autour des impayés et des expulsions, alors que le niveau des expulsions reste élevé. Le ministère avait vendu cette mission comme un geste rapide pour calmer les nerfs à vif entre bailleurs et locataires, avec l’ambition affichée de remettre de l’huile dans les rouages du marché locatif, fluidifier les parcours, rassurer les propriétaires et, au passage, relancer l’investissement.
Une nomination, deux jours, puis la porte
Une nomination, deux jours, puis la porte Dans le détail, l’universitaire décrit une séquence qui l’a placé d’emblée en porte-à-faux: il assure avoir appris que sa nomination était actée à la suite d’un appel de journaliste et dit avoir découvert, médusé, des extraits d’une lettre de mission qu’il pensait encore en discussion. Le malaise ne s’arrête pas là. Il explique aussi s’être senti à l’étroit avec un cadrage réduit aux seuls impayés, là où les échanges portaient, selon lui, sur une évaluation plus large de la loi de 1989 et des textes qui régissent la relation locataire-propriétaire.
Autre point sensible, il regrette que l’idée de « recréer un lien de confiance » n’ait pas été reprise comme il l’espérait dans la communication publique, comme si le message s’était perdu en route. Pour l’heure, le ministère du logement ne dit rien des suites, laissant ce départ éclair comme un symptôme de plus d’un dossier où chaque mot, chaque signal, peut mettre le feu aux poudres.
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.