L’ex-responsable de la Sécurité intérieure Miles Taylor dénonce une “chasse aux sorcières” ordonnée par Trump
L’ex-responsable de la Sécurité intérieure Miles Taylor dénonce une “chasse aux sorcières” ordonnée par Trump

L’ancien chef de cabinet du département de la Sécurité intérieure sous l’administration Trump, Miles Taylor, monte au créneau après avoir été explicitement visé par un ordre présidentiel signé par Donald Trump en avril. Dans un entretien avec l’agence Associated Press, il appelle les autorités de surveillance indépendantes à enquêter sur ce qu’il considère comme une tentative d’intimidation politique inédite.

L’affaire remonte à un mémorandum signé le 9 avril 2025, dans lequel le président Trump ordonne au département de la Sécurité intérieure, ainsi qu’à d’autres agences fédérales, de mener une enquête sur Taylor. Le texte, intitulé « Réponse aux risques associés à un informateur odieux et propagateur de mensonges », accuse ce dernier d’avoir fabriqué des récits à des fins lucratives, en particulier pour la promotion de son livre critique envers Trump. Le président demande également à ce que Taylor soit privé de toute habilitation de sécurité.

Miles Taylor, connu pour avoir rédigé anonymement une tribune virulente contre Trump en 2018 dans le New York Times, affirme qu’il n’a enfreint aucune loi. « Ce qui est extraordinaire, c’est que je suis ciblé par une enquête sans qu’aucun crime ne me soit reproché. Je ne connais aucun précédent similaire », a-t-il déclaré. Dans une lettre envoyée mardi aux inspecteurs généraux du département de la Justice et de celui de la Sécurité intérieure, il demande l’ouverture d’une enquête sur cette démarche qu’il qualifie de politisée.

Cette initiative présidentielle s’inscrit dans un contexte plus large de répression envers les voix dissidentes au sein de l’appareil d’État, selon Taylor. Il s’inquiète des conséquences sur la liberté d’expression des anciens hauts fonctionnaires et sur l’usage du pouvoir exécutif à des fins personnelles. « Ce mémorandum n’est pas seulement une menace pour moi. Il constitue un message glaçant pour toute personne tentée de critiquer le président », a-t-il insisté.

Taylor, qui avait révélé son identité comme auteur de la tribune dans un livre publié en 2020, a toujours défendu ses déclarations comme un devoir civique visant à alerter le public sur ce qu’il considérait être des dysfonctionnements graves au sein de l’administration Trump.

L’affaire relance les critiques sur l’utilisation du pouvoir présidentiel pour cibler personnellement d’anciens collaborateurs devenus critiques. Plusieurs observateurs et juristes s’inquiètent de ce qui pourrait constituer une dérive autoritaire, et les inspecteurs généraux sollicités devront maintenant décider s’ils ouvriront formellement une enquête sur cette directive présidentielle controversée.

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