Les États-Unis veulent rebaptiser un programme de l’ONU sur l’égalité des sexes dans l’aviation
Les États-Unis veulent rebaptiser un programme de l’ONU sur l’égalité des sexes dans l’aviation

Les États-Unis ont proposé de renommer un programme de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) dédié à l’égalité des sexes, contestant l’utilisation du terme « genre », qu’ils considèrent comme idéologique. Cette initiative s’inscrit dans une volonté plus large de l’administration du président Donald Trump de revoir les politiques de diversité au sein des institutions internationales.

Dans un document de travail préparatoire à l’assemblée triennale de l’OACI, prévue le 23 septembre à Montréal, Washington suggère de rebaptiser le « Programme pour l’égalité des genres » en « Programme d’autonomisation des femmes ». Cette modification sémantique vise, selon les auteurs du texte, à « supprimer le terme idéologique de ‘genre’ » du vocabulaire officiel de l’agence onusienne.

Parallèlement, les États-Unis ont également exigé que le secrétariat de l’OACI s’assure qu’aucune contribution budgétaire régulière ne soit allouée à ce programme sous sa forme actuelle. Une manière de mettre la pression sur l’agence, dont le siège est basé à Montréal, pour qu’elle modifie son approche des questions de diversité.

Ce programme, qui vise à promouvoir la participation des femmes dans le secteur historiquement masculinisé de l’aviation civile, a été mis en place par l’OACI pour répondre aux objectifs de parité et de représentativité définis par les Nations Unies. Il soutient notamment des initiatives de formation, de mentorat et de sensibilisation auprès des États membres.

La proposition américaine intervient alors que l’administration Trump multiplie les remises en cause des politiques de diversité dans les organismes multilatéraux. Elle reflète une orientation conservatrice affirmée, qui cherche à recentrer les engagements internationaux sur des termes jugés « neutres » et à exclure les concepts liés à l’identité de genre, considérés comme politiquement chargés.

L’initiative suscite déjà des inquiétudes dans les cercles diplomatiques et au sein de la société civile, certains y voyant une tentative de faire reculer les avancées en matière de droits des femmes et d’inclusion dans le secteur aérien mondial. La discussion sur cette proposition devrait figurer parmi les points sensibles de l’agenda de la prochaine réunion de l’OACI.

Partager