Un nouveau désaccord éclate au sein de la gauche française, cette fois entre le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI), autour de la menace de destitution du président Emmanuel Macron. Dimanche, LFI a publié une tribune dans La Tribune, menaçant de lancer une procédure de destitution contre Macron, qu’ils accusent de ne pas respecter les résultats des élections législatives anticipées.
Olivier Faure, chef du Parti socialiste, a rapidement pris ses distances avec cette initiative, affirmant que cette tribune n’engageait que LFI. “La réponse à une nomination d’un Premier ministre qui ne serait pas conforme à la tradition républicaine est la censure”, a-t-il déclaré sur X (anciennement Twitter), soulignant que le PS ne soutient pas cette démarche.
Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, ainsi que Mathilde Panot, cheffe des députés LFI, et Manuel Bompard, coordinateur du mouvement, ont justifié leur proposition en dénonçant ce qu’ils considèrent comme un “coup de force institutionnel contre la démocratie” de la part de Macron. Ils l’accusent de vouloir nommer un Premier ministre sans tenir compte des résultats des législatives, où la coalition de gauche du NFP est arrivée en tête, mais sans obtenir de majorité absolue.
L’initiative de LFI a été vivement critiquée par Eric Dupond-Moretti, ministre démissionnaire de la Justice, qui a réagi en déclarant : “Destituer le Président pour cause de non-respect de la volonté mélenchonienne ? Lunaire ! LFI tire encore la gauche vers l’extrémisme et sort du champ républicain.”
De son côté, la coalition de gauche du NFP, malgré son manque de majorité à l’Assemblée, revendique Matignon et souhaite y installer Lucie Castets, une haute fonctionnaire. Celle-ci accompagnera une délégation du NFP à l’Élysée vendredi lors d’une journée de consultations organisée par Emmanuel Macron avec les leaders des forces politiques du Parlement.
Interrogée sur cette situation, Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, a évité de se prononcer clairement, se contentant de dire : “Je n’ose imaginer qu’Emmanuel Macron ne nomme pas Lucie Castets”. Le bras de fer entre les différents mouvements de gauche se poursuit, laissant entrevoir des tensions croissantes au sein de l’opposition.