Le père de Léa Salamé tend la joue au Hezbollah — au grand dam de son gendre Glucksmann
Le père de Léa Salamé tend la joue au Hezbollah — au grand dam de son gendre Glucksmann

Surprenante interview du ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, hier soir sur la chaîne New TV. Celui qui est aussi le père de la journaliste Franco-libanaise Léa Salamé — star de France 2 — et le beau-père de Raphaël Glucksmann, eurodéputé engagé et fervent défenseur d’Israël, a tenu des propos pour le moins complaisants envers le Hezbollah libanais, au lendemain de la visite de l’émissaire américaine Morgan Ortagus à Beyrouth.

Tout au long de l’entretien, Ghassan Salamé s’est montré d’une douceur presque gênante envers la milice pro-iranienne. Le Liban, a-t-il affirmé, “n’est pas prêt” à négocier la délimitation de sa frontière terrestre avec Israël. Priorité, selon lui, à la mise en œuvre de la résolution 1701, à la consolidation du cessez-le-feu et au retrait israélien des territoires occupés. Quant au désarmement du Hezbollah ? Ce n’est pas pour demain. Salamé plaide pour un “concept réaliste” du désarmement, intégrant la reconstruction, la confiance populaire, et des garanties que l’État saura protéger ses citoyens — comme s’il s’agissait d’un programme à très long terme.

Interrogé sur d’éventuels délais fixés au Liban pour désarmer le Hezbollah, Salamé a rejeté toute injonction étrangère : “Aucun pays, aussi puissant soit-il, ne peut imposer un choix au Liban”, a-t-il lancé. Il a même inversé les rôles, appelant les États-Unis et la France à faire pression… sur Israël, accusé de violer systématiquement les résolutions internationales.

Quant à la normalisation avec Israël ? Impossible sans consensus national, dit-il. Et impensable sans connaître au préalable la position de l’Arabie saoudite. Autant dire que le sujet est soigneusement enterré.

Et qu’en dit son gendre, Raphaël Glucksmann ? L’eurodéputé français, connu pour ses positions fermes en faveur d’Israël et sa critique des mouvements pro-iraniens, affiche une posture diamétralement opposée. Il condamne régulierement les actions du Hamas et du Hezbollah, soulignant leur objectif de destruction d’Israël et dénonçant les violations du droit international par ces groupes. Cette divergence publique entre Salamé et Glucksmann met en lumière des tensions idéologiques au sein même de leur famille.

De telles déclarations ne manqueront pas d’alimenter les contradictions d’un attelage familial pour le moins original : entre le ministre bienveillant envers le Hezbollah, sa fille au centre du paysage médiatique français, et un gendre européiste, atlantisme et pro-israélien, opposé aux influences de Téhéran. À chacun son combat — même en famille.

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