Le parti Renaissance vend son siège pour 31 millions et amorce sa mue politique
Le parti Renaissance vend son siège pour 31 millions et amorce sa mue politique

Le siège du parti Renaissance, autrefois vitrine du macronisme triomphant, va changer de mains. La vente de l’immeuble parisien situé à l’angle des rues du Rocher et d’Édimbourg (VIIIᵉ arrondissement) a été entérinée mardi soir par le bureau exécutif du parti. L’acheteur, un fonds d’investissement dont l’identité reste confidentielle, débourse 31,4 millions d’euros pour ce bâtiment de 2 800 m² répartis sur sept étages, acquis en 2019 au sommet de la vague présidentielle pour 35 millions. Une moins-value donc, mais considérée comme « limitée » au vu de l’effondrement actuel du marché de l’immobilier de bureau. Le compromis sera signé dans les prochains jours, le déménagement interviendra dès la rentrée. Ce siège aux allures de vaisseau déserté, moins de 10 000 adhérents recensés fin 2024, symbolisait une époque aujourd’hui révolue. Selon les proches de Gabriel Attal, il était devenu « trop grand, trop cher, trop vide ». L’Élysée a été mis au courant de la transaction lundi. Le nouveau lieu de rassemblement du parti sera situé au 11, avenue Robert-Schuman, dans le VIIᵉ arrondissement, tout près de l’Assemblée nationale. Loués cette fois, ces nouveaux locaux plus modestes, 2 000 m² sur trois niveaux, permettront une économie estimée à un million d’euros par an sur les charges.

Vers un changement d’identité pour le parti présidentiel ?

Malgré la perte à la revente, Renaissance devrait tirer un bénéfice net de plus de 20 millions d’euros une fois les emprunts soldés. Une somme destinée à renflouer la trésorerie du parti et à sécuriser ses finances sur le long terme. L’équipe dirigeante entend la faire fructifier via des placements, qui pourraient rapporter plusieurs centaines de milliers d’euros d’intérêts par an. Au-delà de l’aspect immobilier, cette vente incarne surtout un tournant stratégique. Gabriel Attal, qui a piloté l’opération, a laissé entendre mardi soir qu’un changement de nom pourrait suivre. Le secrétaire général de Renaissance a ouvert le débat en bureau exécutif, obtenant un accueil globalement favorable. Le clin d’œil récent aux « Jeunes en marche »,  la nouvelle appellation des Jeunes avec Macron, laisse penser qu’un virage plus large se profile. L’idée serait de s’émanciper d’une marque de plus en plus liée à un cycle politique en fin de course. Une initiative qui pourrait toutefois provoquer quelques crispations à l’Élysée, tant le nom Renaissance reste associé au président en exercice. Mais pour Attal et ses soutiens, c’est peut-être le moment de prendre leurs distances et de tourner la page, symboliquement et concrètement.

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