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La justice russe ne lâche pas prise. Ce lundi 24 février, un tribunal de Moscou a confirmé la condamnation en appel de Laurent Vinatier, un chercheur français reconnu coupable en octobre 2024 de ne pas s’être enregistré en tant qu’« agent de l’étranger ». Cette décision, jugée sévère par Paris, a une nouvelle fois provoqué l’indignation de la diplomatie française, qui réclame sa libération immédiate.

Selon nos confrères du Point, Laurent Vinatier est un expert reconnu des dynamiques politiques en Russie, au Caucase et en Asie centrale. Depuis huit ans, il travaillait pour le Centre pour le dialogue humanitaire, une organisation suisse spécialisée dans la prévention et la résolution des conflits armés à travers la médiation. Marié à une femme russe, il partageait son temps entre Moscou et Saint-Pétersbourg. Son travail consistait notamment à établir des contacts avec divers acteurs locaux, en dehors des circuits diplomatiques officiels.

Le FSB, les services secrets russes, l’accusait d’avoir « recueilli des informations militaires et techniques pouvant être utilisées par des services de renseignement étrangers à l’encontre de la sécurité de la Russie ». En d’autres termes, une accusation d’espionnage à peine voilée. En plus de cette charge, il lui était reproché de ne pas s’être déclaré comme « agent de l’étranger », un statut imposé depuis 2012 aux ONG, médias, citoyens russes et, plus récemment, à certains étrangers jugés comme exerçant une influence extérieure sur le pays. Ignorant visiblement l’obligation de déclaration, Vinatier a plaidé coupable et exprimé ses regrets devant la cour. « Je reconnais ma culpabilité et je présente mes excuses à la Russie pour ne pas avoir respecté ses lois », a-t-il déclaré.

Cette condamnation intervient dans un contexte diplomatique déjà très tendu entre la France et la Russie. Paris accuse Moscou de tentatives de déstabilisation sur son territoire à travers des campagnes de désinformation, tandis que le Kremlin reproche à la France son soutien militaire à l’Ukraine et la censure des médias russes. Face à cette nouvelle escalade, le ministère français des Affaires étrangères a réitéré sa demande de libération immédiate du chercheur et dénoncé une loi servant à réprimer les libertés fondamentales en Russie. Pendant ce temps, ses proches restent dans l’inquiétude. L’un de ses amis à Moscou résumait ainsi la situation : « Laurent, qui aime sincèrement la Russie, s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment, puis happé par la justice russe. Chacun de nous pourrait se trouver à sa place… »

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