Les députés examinent ce lundi une proposition de loi visant à faciliter l’ouverture de débits de boissons dans les communes de moins de 3 500 habitants qui en sont dépourvues. Ce texte, adopté en commission mercredi dernier, ambitionne de revitaliser les territoires ruraux en permettant l’obtention d’une licence IV par simple déclaration en mairie, sans nécessité de rachat d’une licence existante.
Défendue par le député Guillaume Kasbarian (Eure-et-Loir), cette mesure vise à pérenniser un dispositif temporaire mis en place en 2019 et qui avait expiré après trois ans. Les bistrots et cafés, qualifiés « d’acteurs économiques et sociaux essentiels », sont souvent les derniers lieux de convivialité dans ces villages où les commerces et services publics disparaissent progressivement.
L’initiative suscite toutefois des inquiétudes, notamment sur l’impact sanitaire d’une potentielle augmentation de la consommation d’alcool. Certains élus de gauche, à l’instar de Sandrine Rousseau, ont souligné le manque de structures de soins en addictologie en milieu rural, tandis que le député LFI Hadrien Clouet a critiqué une mesure qui, selon lui, détourne l’attention des véritables problèmes des campagnes françaises.
Face aux critiques, Guillaume Kasbarian a insisté sur le fait que « les bistrots ne sont pas une menace sanitaire, mais des lieux de lien social gérés par des professionnels responsables ». Il a rappelé que la majorité des achats d’alcool se fait en grande surface et non dans ces établissements.
Le texte prévoit également des garde-fous pour éviter la captation des licences IV par des communes plus grandes, bien que certaines voix, y compris au sein du camp présidentiel, jugent ces protections insuffisantes. Reste à voir si cette réforme suffira à inverser la tendance à la désertification des villages français.