Gérald Darmanin hausse le ton. Dans une circulaire adressée aux chefs de cour et aux présidents de tribunaux judiciaires, le ministre de la Justice exhorte les magistrats à faire preuve d’une gestion budgétaire exemplaire. Face à la hausse continue des frais de justice (716 millions d’euros en 2024, avec une projection à 800 millions en 2025), il appelle à instaurer une véritable « culture de la mesure » dans l’ensemble des juridictions françaises.
Des économies ciblées sans sacrifier l’efficacité
Souhaitant conjuguer efficacité et responsabilité, Gérald Darmanin plaide pour une meilleure régulation des pratiques judiciaires, notamment en réduisant le recours coûteux aux opérateurs privés pour les interceptions et géolocalisations, ou encore en limitant les frais liés au gardiennage de véhicules saisis. Il propose d’accélérer les ventes avant jugement et les confiscations, rendues plus simples grâce à la loi Warsmann, et promet de récompenser les juridictions les plus performantes en matière budgétaire.
Le garde des Sceaux insiste également sur la nécessité d’un dialogue renforcé entre la Chancellerie et les juridictions, qui se matérialisera par des « lettres d’objectifs » contraignantes. L’ambition est claire : faire de la justice une institution non seulement indépendante et équitable, mais aussi moderne et efficiente, capable de répondre aux défis du temps sans peser excessivement sur les finances publiques. Avec cette initiative, Gérald Darmanin se positionne en gestionnaire rigoureux mais pragmatique, soucieux de préserver les moyens de la justice tout en responsabilisant ses acteurs.