À un mois des élections législatives anticipées prévues le 23 février, Friedrich Merz, leader du parti chrétien-démocrate allemand (CDU/CSU), apparaît comme le favori pour succéder à Olaf Scholz à la chancellerie. Toutefois, son camp plafonne à 30 % dans les sondages, talonné par l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite en forte progression.
Friedrich Merz, 69 ans, ancien rival d’Angela Merkel et ex-dirigeant de BlackRock Allemagne, revendique un retour aux valeurs traditionnelles tout en prônant des réformes libérales pour relancer l’économie allemande. Il propose des baisses d’impôts pour les entreprises, un durcissement des règles d’allocations sociales et une expulsion accélérée des demandeurs d’asile déboutés. Ses positions tranchées sur l’immigration et son opposition à des réformes sociétales comme la parité au gouvernement lui valent d’être présenté comme la réponse de la CDU à la montée de l’AfD.
Sur le plan économique et diplomatique, Merz affiche une posture ferme envers la Chine, appelant les entreprises allemandes à limiter leurs investissements dans ce pays, jugé « à haut risque ». Il refuse toute aide étatique pour les entreprises en difficulté sur le marché chinois. Cette approche marque une nette rupture avec la stratégie de ses prédécesseurs, notamment Angela Merkel, connue pour avoir favorisé les relations commerciales avec Pékin.
Malgré son rejet d’une alliance avec l’AfD, Friedrich Merz adopte parfois une rhétorique similaire, notamment en matière de sécurité et de contrôle migratoire. Cela pourrait expliquer pourquoi son parti peine à élargir sa base électorale, même s’il reste en tête des intentions de vote.
En matière internationale, Merz appelle à un renforcement des capacités de défense de l’Allemagne et à une réorientation stratégique face aux « autocraties » dirigées par la Chine et la Russie. Il ambitionne également de créer un Conseil national de sécurité pour unifier les positions allemandes sur la scène internationale.
Avec une économie en récession et une société divisée sur les questions identitaires et migratoires, Friedrich Merz se prépare à un défi de taille : reconquérir la confiance des Allemands tout en évitant un glissement trop à droite qui pourrait alarmer une partie de l’électorat.