Alors que le gouvernement cherche à renforcer massivement le budget de la défense, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a mis en garde ce jeudi contre une politique budgétaire incontrôlée. « Il ne peut pas y avoir de nouveau quoi qu’il en coûte », a-t-il averti, alors que les dépenses militaires explosent dans un contexte de réarmement européen.
Le défi ? Financer sans creuser le déficit. Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, estime à 5 milliards d’euros les fonds propres nécessaires pour accélérer la production d’armement. Pour y parvenir, l’État cherche à mobiliser investisseurs privés, banques et fonds d’investissement, réunis aujourd’hui à Bercy.
Mais au final, c’est bien l’État qui paiera. « Il n’y a que l’État pour acheter du matériel militaire et payer les soldats », rappelle le gouverneur de la Banque de France. Dans un contexte de déficit public à 5,4 % du PIB, la France doit jongler entre ses impératifs stratégiques et la nécessité de garder le contrôle de ses finances.
Le gouvernement mise aussi sur un produit d’épargne populaire, permettant aux Français d’investir directement dans l’industrie de défense via Bpifrance, avec un ticket d’entrée de 500 euros minimum. Une solution qui pourrait séduire, mais suffira-t-elle à financer l’effort de guerre sans exploser les comptes publics ? La bataille budgétaire ne fait que commencer !