Conference internationale de lutte contre le gaspillage alimentaire
Conference internationale de lutte contre le gaspillage alimentaire

10 millions de tonnes de nourriture jetées chaque année en France. L’équivalent de 1000 Tour Eiffel. Un fléau national, un fléau mondial. Ce vendredi 31 janvier 2025, la ville de Courbevoie (Hauts-de-Seine) organisait une conférence internationale sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. Entrevue a assisté à cet événement engagé pour changer le monde.

Depuis 2021, 500 000 repas ont été sauvés et distribués grâce à la lutte anti-gaspillage initiée par la ville. Une ville précurseur en la matière. Une ville pilote. Courbevoie a permis à la France de devenir le premier pays à se doter d’une législation aussi forte.

En 2016, la « loi anti-gaspi » a permis d’encadrer ces actions. Et forcer les supermarchés de plus de 400m2 à redistribuer les denrées périssables. Dés lors, impossible pour eux de rendre impropres à la consommation leurs invendus encore consommables. Des invendus précédemment détruits parfois à l’eau de javel…

Ce vendredi matin, la mairie de Courbevoie reçoit élus, ministres, personnalités et courbevoisiens. Objectif : poursuivre la lutte contre la précarité alimentaire.

Courbevoie Mène La Révolution Contre Le Gaspillage Alimentaire Et Prône Un « Capitalisme Humain »

« Quand je vois ce que l’on peut faire à notre échelle, c’est possible de corriger les habitudes prises à l’échelle mondiale« , explique Jacques Kossowski, le maire de la ville, « il faut sortir de notre esprit que nous sommes dans une société d’abondance. Des personnes ne peuvent pas déjeuner ou diner. Ici, nous n’acceptons aucun citoyen qui ne peut déjeuner ou diner. S’il le veut, on l’aide et il le peut. »

Il rappelle aussi qu’ « au départ (du projet), quand vous allez voir les grandes surfaces, elles n’ont pas d’obligation, elles ne font rien. Puis une loi passe, les choses changent.« 

Prévenir, sécuriser, transformer, diffuser. Voilà les mots clés de cette ville-locomotive. « Il s’agit de concilier mondialisation, qui n’a jamais été aussi puissante, et développement durable, qui n’a jamais été aussi nécessaire« , précise encore Jacques Kossowski, au micro, devant les invités. « Pour zéro euro, nous sauvons les invendus alimentaires« , ajoute son adjoint, Arash Derambarsh, véritable chef d’orchestre depuis plus de 10 ans de cette lutte contre le gaspillage alimentaire.

Sensibilisation des jeunes, tri à la cantine scolaire, accompagnement vers le compost, prévention des emballages dans la restauration collective… Les actions concrètes sont multiples. Des initiatives saluées par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, à Rome.

Comme Entrevue s’en faisait l’écho, la FAO (Food and Agriculture Organisation) a décerné fin 2024 à la ville de Courbevoie le titre de « ville verte FAO« . Un titre symbolique qui valide le savoir-faire de la municipalité.

Courbevoie Mène La Révolution Contre Le Gaspillage Alimentaire Et Prône Un « Capitalisme Humain »

Venu directement de Dar es Salaam (Tanzanie), où se déroulait le sommet africain de l’énergie (600 millions de personnes vivent actuellement sans électricité en Afrique), Jean-Jacques Bouya, Ministre d’Etat de l’aménagement, de l’équipement du territoire et des grands travaux du Congo, a aussi pris la parole.

Pour sensibiliser au gaspillage, et aussi au gaspillage énergétique. Le fléau de la cuisson propre est un problème terrible en Afrique. Sans cuisson propre, impossible de s’alimenter correctement. « Le monde se divise en deux« , insiste le ministre congolais, « ceux qui ont plus d’appétit que de diners, ceux qui ont plus de diners que d’appétit« .

Le chef étoilé Frédéric Simonin est également monté sur scène. « Il ne faut pas se voiler la face et se dire que tout va bien, alors que c’est faux. Si on mange sainement, on arrive à prendre soin de soi. Et à penser mieux« .

Le maire de la ville de Saint Ouen (Seine-Saint-Denis) Karim Bouamrane est intervenu pour délivrer un autre message fort : « Si on est là, c’est qu’à un moment de notre vie, il y a eu un trauma. Sur des questions de sécurité, d’alimentation, on ne peut pas accepter l’inacceptable. En France, on ne peut pas accepter que l’on ait faim.« 

Il poursuit en faisant la promotion d’un « capitalisme humain » : « Je suis là aujourd’hui, pas pour faire un numéro de claquette conventionnelle. On doit tous avoir un comportement révolutionnaire, c’est à dire un comportement basique, celui de permettre à tous les hommes et femmes d’avoir une vie décente, donc bien manger. »

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