Bétharram : François Bayrou réagit au témoignage de sa fille : « Ça me poignarde le cœur! »
Bétharram : François Bayrou réagit au témoignage de sa fille : « Ça me poignarde le cœur! »

Ce mercredi, François Bayrou s’est dit « poignardé au cœur » après avoir appris que sa propre fille, Hélène Perlant, avait été victime de violences physiques dans sa jeunesse lors d’un camp organisé par la congrégation catholique liée à l’établissement Notre-Dame de Bétharram, dans le Béarn. Une révélation faite sans jamais lui avoir été communiquée auparavant.

Un secret familial révélé sur la place publique

Dans un entretien publié dans le nouveau numéro de Paris Match, Hélène Perlant, aujourd’hui âgée de 53 ans, confie n’avoir « jamais parlé » de cette agression à son père. Elle avait 14 ans au moment des faits, survenus lors d’un camp d’été organisé par la même congrégation religieuse que l’établissement aujourd’hui au cœur d’un scandale national. « Peut-être ai-je voulu le protéger inconsciemment, des coups politiques qu’il se prenait localement », déclare-t-elle.

Son témoignage figure également dans Le Silence de Bétharram, un livre signé par Alain Esquerre, porte-parole du collectif des victimes, à paraître ce jeudi. L’ouvrage recense les témoignages de nombreux anciens élèves évoquant des violences physiques et sexuelles. Selon le collectif, près de 200 plaintes ont été déposées, bien que toutes soient désormais prescrites.

Une réaction de père et de chef du gouvernement

Mercredi, François Bayrou a réagi publiquement. « En tant que père de famille, cela me poignarde le cœur, même si c’est une affaire très ancienne. Qu’on ne l’ait pas su, et que des dérives de cet ordre aient eu lieu, c’est presque insupportable », a-t-il déclaré, visiblement ému. Il a également affirmé que sa fille, avec laquelle il échange « très souvent », ne lui avait jamais parlé de ces violences.

Son entourage, contacté par BFMTV, a confié que le Premier ministre était « stupéfait et bouleversé ». « On savait qu’elle participait au livre, mais jamais elle ne lui a dit qu’elle avait été victime de violences. Il a appris tout cela hier », précise un proche.

Une commission d’enquête parlementaire en préparation

Alors que l’affaire prend de l’ampleur, François Bayrou est attendu le 14 mai devant la commission d’enquête parlementaire dédiée à ce scandale. Co-présidée par les députés Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (Ensemble), la commission cherche à faire la lumière sur les responsabilités politiques et institutionnelles liées aux abus perpétrés dans cet établissement religieux.

Le nom de François Bayrou est cité dans une audition récente : un ancien gendarme, Alain Hontangs, a affirmé qu’un magistrat lui avait parlé d’une possible intervention du ministre dans une première plainte pour viol déposée à l’époque. Une affirmation contredite par le juge concerné, Christian Mirande, qui assure ne garder « aucun souvenir » de cette discussion.

Le Premier ministre, par ailleurs maire de Pau et ancien président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, nie fermement avoir été au courant de quelconques agissements. Le 11 avril dernier, il avait affirmé n’avoir « jamais, pas une seule fois dans [s]a vie et de toute [s]a vie politique, intervenu dans une affaire judiciaire»

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