Les Allemands se rendent aux urnes ce dimanche 23 février pour des élections législatives anticipées qui s’annoncent cruciales pour l’avenir du pays et de l’Europe. Déclenché après l’effondrement de la coalition du socialiste Olaf Scholz, le scrutin se déroule dans un climat de tension sécuritaire et sur fond d’un bouleversement politique marqué par la montée fulgurante de l’AfD, formation souverainiste et anti-immigration.
L’Allemagne arrive à cette échéance électorale dans un état de crispation sans précédent. L’attentat antisémite commis vendredi à Berlin, où un réfugié syrien a agressé un touriste espagnol près du Mémorial de l’Holocauste, illustre la faillite totale de la politique migratoire de la gauche. À cela s’ajoute l’attaque à la voiture-bélier de Munich qui a ravivé les inquiétudes quant à la sécurité intérieure. Ces évènements ont placé l’immigration au centre du débat politique, renforçant l’ascension de l’AfD, qui pourrait atteindre un score historique d’environ 20% des voix.
Mais la crise migratoire n’est pas le seul enjeu de cette élection. L’économie allemande, autrefois moteur de l’Union européenne, est en panne. Entre l’inflation galopante, la désindustrialisation progressive et l’augmentation massive des prix de l’énergie après la rupture avec Moscou, le mécontentement populaire est palpable. Le SPD, au pouvoir depuis 2021, en fait les frais : plombé par la gestion désastreuse de Scholz, le parti social-démocrate est relégué à la troisième place dans les sondages avec à peine 15% des intentions de vote.
Un scrutin dominé par les conservateurs et l’AfD
Favoris des sondages, les conservateurs de la CDU/CSU, menés par Friedrich Merz, espèrent prendre la tête du gouvernement avec environ 30% des voix. Ce libéral assumé, critique du laxisme migratoire et du poids écrasant de la bureaucratie européenne, prône un durcissement des politiques d’asile et un retour à une Allemagne plus souveraine.
L’AfD, de son côté, enregistre une montée impressionnante, portée par un électorat lassé de la politique traditionnelle et soucieux de préserver l’identité nationale. Sa percée inquiète l’establishment, qui continue d’appliquer un cordon sanitaire pour empêcher toute alliance avec le parti national-conservateur. Mais cette stratégie commence à se fissurer : fin janvier, la CDU a voté un texte sur l’immigration avec l’AfD au Bundestag, un signe que l’opposition systématique aux patriotes pourrait être en train de s’effriter.
Ces élections sont également scrutées de près à l’étranger. Washington, sous la houlette de Donald Trump, n’a pas hésité à s’immiscer dans le débat allemand. Son vice-président J.D. Vance et Elon Musk ont ouvertement soutenu l’AfD, dénonçant le verrouillage politique imposé aux formations souverainistes. De son côté, Moscou est accusé de mener des campagnes de désinformation pour affaiblir le pouvoir en place.
Mais au-delà des ingérences, c’est l’avenir de l’Allemagne en Europe qui est en jeu. La coalition dirigée par Scholz a contribué à l’affaiblissement du couple franco-allemand et à l’atonie de l’UE face aux défis géopolitiques. Friedrich Merz, s’il accède à la chancellerie, promet de restaurer le leadership de l’Allemagne, notamment en renforçant son engagement militaire en Ukraine et en défendant une ligne dure face à la Russie.
Vers une coalition incertaine
Si la CDU/CSU arrive en tête, elle devra former une coalition pour gouverner. Un accord avec les libéraux du FDP pourrait être tenté, mais ces derniers risquent de ne pas franchir la barre des 5% nécessaire pour entrer au Bundestag. L’autre option serait une alliance avec le SPD, bien que difficile à envisager au vu des tensions entre les deux partis.
Dans un paysage politique éclaté et polarisé, l’AfD s’impose comme un acteur incontournable du débat national, malgré l’hostilité des élites politiques et médiatiques. Une chose est certaine : l’élection de ce dimanche marque un tournant pour l’Allemagne, qui doit choisir entre le statu quo mondialiste et un retour à une souveraineté nationale assumée.