Affaire Pelicot : Darmanin veut faire toute la lumière sur des ratés judiciaires accablants
Affaire Pelicot : Darmanin veut faire toute la lumière sur des ratés judiciaires accablants

Gérald Darmanin a saisi l’Inspection générale de la justice pour faire la lumière sur d’éventuels « dysfonctionnements » dans l’affaire Dominique Pelicot, condamné fin 2024 à vingt ans de réclusion pour avoir drogué, violé et livré sa femme à des dizaines d’hommes. Le ministre de la Justice veut comprendre pourquoi cet homme, pourtant identifié par son ADN dès 2010 dans une affaire de tentative de viol, n’a pas été inquiété plus tôt. Une mission d’inspection a été confiée à l’IGJ et devra rendre ses conclusions d’ici le 31 juillet.

Le passé de Dominique Pelicot, retracé par le journaliste Laurent Valdiguié dans un livre-enquête édifiant, révèle que l’homme aurait pu être arrêté bien avant son procès retentissant à Mazan. Déjà interpellé en 2010 pour des faits d’exhibition, son ADN avait permis de le relier à deux affaires anciennes, dont une tentative de viol en 1999 à Villeparisis et un meurtre à Paris en 1991. Pourtant, rien n’avait été entrepris. Ce n’est qu’en janvier 2025, soit quinze ans plus tard, qu’il a été mis en examen pour ces deux affaires.

Des scellés perdus et des alertes ignorées

L’auteur présumé d’une longue série de violences sexuelles aurait donc échappé à la justice en raison d’un enchaînement d’erreurs : rapprochements ADN non exploités, absence de poursuites, et même disparition des scellés judiciaires essentiels dans l’affaire du meurtre de Sophie Narme en 1991. Un enregistrement ADN vieux de quinze ans, resté lettre morte, interroge aujourd’hui sur la fiabilité et la rigueur des procédures judiciaires de l’époque.

Face à ces révélations glaçantes, Gérald Darmanin, souvent perçu comme ferme sur les questions de sécurité et de justice, tente de reprendre la main. Il a réagi rapidement en ordonnant une inspection complète des juridictions concernées. Ce geste, salué dans les rangs des magistrats comme une tentative de restaurer la confiance dans l’institution judiciaire, marque une volonté politique forte : faire en sorte qu’un tel drame ne puisse plus jamais être ignoré par l’appareil judiciaire.

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