Emmanuel Macron a réfuté ce mardi toute « entente » ou « connivence » entre l’État et Nestlé, après la publication d’une enquête du Monde et de Radio France affirmant que l’Élysée et Matignon auraient laissé le groupe commercialiser des eaux minérales non conformes à la réglementation, malgré des recommandations sanitaires contraires.
Interrogé lors d’un déplacement à l’Institut Gustave Roussy, le président a déclaré : « Je ne suis pas au courant de ces choses-là. Il n’y a de l’entente avec personne, il n’y a pas de connivence avec qui que ce soit. »
L’enquête dévoile toutefois des échanges de courriels et des notes ministérielles qui révèlent un lobbying actif de Nestlé, impliquant notamment des discussions entre ses représentants et Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée. Le groupe aurait obtenu des dérogations sur l’usage controversé de microfiltres dès 2023, malgré les alertes des autorités sanitaires.
Nestlé Waters, qui contrôle des marques telles que Vittel, Contrex et Hépar, avait reconnu début 2024 l’utilisation de techniques de microfiltration interdites pour assurer la sécurité de ses produits. En septembre 2024, la filiale du géant suisse avait accepté de payer une amende de 2 millions d’euros pour échapper à un procès, après une plainte de l’association Foodwatch.
Cette affaire relance le débat sur l’influence des lobbies industriels en France et les risques pour les consommateurs, alors que les enquêtes journalistiques pointent des décisions politiques ayant favorisé les intérêts du groupe au détriment des recommandations sanitaires.