À l’Assemblée nationale, la bibliothèque retrouve sa splendeur sous les fresques de Delacroix
À l’Assemblée nationale, la bibliothèque retrouve sa splendeur sous les fresques de Delacroix

Après un an de travaux minutieux, la bibliothèque de l’Assemblée nationale rouvre ses portes le 9 avril. Joyau caché du Palais Bourbon, elle révèle au public la majesté de sa nef et les 400 m² de plafonds peints par Eugène Delacroix, surnommés par certains la « Chapelle Sixtine » du peintre romantique. Réalisée entre 1839 et 1848, cette œuvre monumentale, jusqu’ici réservée aux députés et aux chercheurs, sera exceptionnellement ouverte au grand public du 14 au 26 avril.

Delacroix y déploie une allégorie puissante sur la civilisation et le rôle protecteur du savoir. Deux compositions majeures s’opposent : d’un côté, Attila foulant l’Italie et les Arts ; de l’autre, Orphée pacifiant les Grecs. Une mise en garde adressée aux représentants du peuple, selon Pierre Bosse, directeur de la bibliothèque : « La civilisation est fragile. Pour la préserver, il faut défendre le savoir ».

Riche de 700 000 volumes, la bibliothèque abrite des trésors inestimables : manuscrits de Rousseau, Victor Hugo, Jean Jaurès, procès de Jeanne d’Arc… Le tout conservé dans des conditions désormais optimales grâce à l’installation d’un système climatique. Les fresques, altérées par le temps, le charbon et la cigarette, ont été restaurées avec le concours d’une centaine de spécialistes pour un coût de 5,5 millions d’euros.

L’histoire du lieu est marquée par un épisode rocambolesque : en 1871, un obus prussien transperce la voûte et atterrit au-dessus d’Attila sans exploser. Aujourd’hui, c’est un autre éclat que la bibliothèque retrouve : celui des couleurs restaurées, des détails révélés, et de la magie d’un patrimoine qui relie les députés d’hier à ceux d’aujourd’hui.

Troisième plus grande bibliothèque patrimoniale de France après la BnF et la Sorbonne, celle de l’Assemblée nationale incarne un pont entre culture, mémoire et démocratie. Comme le résume Pierre Bosse, « on change un peu de dimensions » quand on lève les yeux vers ce plafond, entre livres anciens et lumière retrouvée.

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