“Habemus papam” : ce que cache la célèbre annonce de l’élection d’un pape
Conclave

Alors que l’Église catholique est en deuil après le décès du pape François, décédé le 21 avril 2025 à l’âge de 88 ans, les regards se tournent désormais vers la suite : l’élection de son successeur. Ce processus très codifié, vieux de plusieurs siècles, se conclura par l’annonce solennelle prononcée depuis le balcon central de la basilique Saint-Pierre : “Habemus Papam”. Mais que se cache-t-il derrière ces trois mots chargés d’histoire ?

Une tradition médiévale solidement encadrée

Le conclave, moment crucial de la vie de l’Église, tire son nom du latin cum clave – “avec clé” – en référence à l’enfermement des cardinaux dans un lieu clos jusqu’à ce qu’un nouveau souverain pontife soit élu. Cette pratique a vu le jour au XIIIe siècle après un interminable conclave de trois ans à Viterbe. Exaspérés, les habitants de la ville avaient enfermé les cardinaux pour hâter leur décision, une initiative qui finira par inspirer Grégoire X à formaliser cette procédure lors du concile de Lyon en 1274, avec la constitution apostolique Ubi Periculum.

Depuis, le rituel a évolué sans pour autant perdre son essence. Les cardinaux électeurs – seuls ceux âgés de moins de 80 ans, soit 138 actuellement – sont convoqués au Vatican par le doyen du Collège des cardinaux dans les 15 à 20 jours suivant le décès du pape. Une fois à Rome, ils résident dans la maison Sainte-Marthe, et leurs journées sont rythmées par la prière, la réflexion… et les votes.

Entre silence, serment et fumée blanche

Le conclave se déroule dans la chapelle Sixtine, décorée par les fresques de Michel-Ange, après une messe dédiée à l’élection du nouveau pontife. Lorsqu’il est temps de débuter les délibérations, l’ordre extra omnes – “tout le monde dehors” – marque le début de l’isolement total. Les cardinaux prêtent serment de discrétion absolue et commencent à voter. Jusqu’à quatre scrutins peuvent avoir lieu chaque jour, chaque vote étant suivi par l’émission d’une fumée : noire si aucun pape n’a été élu, blanche si une majorité des deux tiers est atteinte.

Une fois qu’un candidat est désigné, il est questionné en latin par le doyen : “Acceptez-vous votre élection canonique comme Souverain Pontife ?”. S’il accepte, il choisit alors son nom pontifical. Le nouvel élu se retire ensuite dans la salle des larmes, une pièce attenante à la chapelle Sixtine, pour revêtir les habits pontificaux. Ce moment de solitude, souvent empreint d’émotion, précède l’apparition publique.

Enfin, le cardinal protodiacre annonce au monde entier : “Annuntio vobis gaudium magnum : habemus papam”. Puis le nouveau pape s’avance pour prononcer sa première bénédiction Urbi et Orbi. Selon France Télévisions, cette séquence devrait avoir lieu entre le 5 et le 10 mai 2025, une fois que les 135 électeurs auront achevé leur mission.

L’Église universelle, dans l’attente, retient son souffle.

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