Une journée décisive s’ouvre pour Brigitte Macron. Dix personnes comparaissent à partir d’aujourd’hui, et pour deux jours, devant le tribunal correctionnel de Paris. Elles sont accusées d’avoir participé à une vaste campagne de cyberharcèlement visant la Première dame, fondée sur une rumeur complotiste qui circule depuis plusieurs années.
Une rumeur devenue affaire d’État
Au cœur de cette affaire : une théorie affirmant que Brigitte Macron et son frère, Jean-Michel Trogneux, ne seraient qu’une seule et même personne, et que ce dernier aurait changé de sexe pour usurper l’identité de sa sœur.
Cette thèse, née sur les réseaux sociaux à la fin des années 2010, a été reprise par divers comptes complotistes, avant de se transformer en une véritable campagne de diffamation.
En juin 2024, l’un des suspects avait notamment écrit : « On a bien un Premier ministre homosexuel et une première dame transsexuelle, je ne vois pas où est le problème ? »
Ce type de message, mêlant insinuations et moqueries, s’est multiplié jusqu’à attirer l’attention de la justice.
Des messages haineux et diffamatoires
L’enquête a révélé d’autres publications tout aussi graves. En août 2024, un homme de 55 ans vivant à Tarbes affirmait sur les réseaux sociaux : « Brigitte Macron est une pédophile jamais inquiétée par la justice. »
Ces accusations ont été largement partagées, amplifiant la haine en ligne contre la Première dame. Les prévenus encourent plusieurs années de prison pour harcèlement moral en ligne et diffusion de fausses informations.
Des profils variés parmi les dix prévenus
Les dix personnes renvoyées devant la justice ne forment pas un groupe homogène. La plupart sont des hommes âgés de 40 à 60 ans, issus de milieux aisés et cultivés : galeriste, enseignant, informaticien, médium, ou encore publicitaire.
Parmi eux, Aurélien Poirson-Atlan, 41 ans, connu sous le pseudonyme « Zoé Sagan » sur les réseaux sociaux, s’est particulièrement illustré. Il aurait publié des centaines de messages remettant en cause l’identité de Brigitte Macron, allant jusqu’à affirmer : « J’affirme que Brigitte Macron n’est pas Brigitte Macron. C’est elle qui devrait être à ma place. Elle a usurpé une identité. »
La réaction de Brigitte Macron face aux attaques
Brigitte Macron a été entendue par les enquêteurs dans le cadre de l’instruction. Elle a exprimé sa lassitude face à la persistance des rumeurs : « Ce sont les mêmes sujets odieux qui reviennent toujours. C’est une réécriture de mon histoire familiale, avec des menaces et des propos intenables. Le fond consiste à dire que je suis un homme. »
Une rumeur qui dépasse les frontières françaises
Née en France à la suite de l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, cette théorie complotiste a rapidement traversé les frontières. Aux États-Unis, des influenceurs d’extrême droite s’en sont emparés, la transformant en outil de propagande politique.
Certains ont même détourné des images et couvertures de magazines pour renforcer l’illusion, allant jusqu’à présenter Brigitte Macron comme « l’homme de l’année »…