Le gouvernement estonien a dénoncé vendredi une « incursion d’une audace sans précédent » après que trois avions de chasse russes ont pénétré dans son espace aérien pendant 12 minutes. L’incident, qui intervient dans un contexte de fortes tensions liées à la guerre en Ukraine, marque un nouvel épisode dans la série de provocations militaires attribuées à Moscou.
Tallinn a précisé que les trois MiG-31 avaient pénétré sans autorisation dans l’espace aérien du pays, membre de l’OTAN, avant d’être contraints de se retirer. Selon les autorités, leur vitesse leur aurait permis de traverser une large partie du territoire durant cette brève incursion.
Le ministère russe de la Défense a démenti toute violation, affirmant que ses appareils avaient survolé des eaux internationales. Mais pour l’Estonie, l’acte ne laisse aucun doute et s’inscrit dans une stratégie de test de la réactivité de l’Alliance atlantique.
L’incident survient une dizaine de jours après l’intrusion de plus de 20 drones russes dans l’espace aérien polonais, dont certains avaient été abattus par des avions de l’OTAN. Trois jours auparavant, Moscou et Minsk avaient achevé leurs manœuvres conjointes « Zapad-2025 », incluant des simulations de frappes nucléaires.
Face à cet épisode, Tallinn a indiqué vouloir demander des consultations au titre de l’article 4 du traité de l’Atlantique nord, qui prévoit une réunion des alliés lorsqu’un membre estime que son intégrité territoriale ou sa sécurité est menacée.
Le président américain Donald Trump a réagi en avertissant que cette provocation pourrait entraîner de « gros problèmes », soulignant la gravité de l’incident pour la sécurité européenne et transatlantique.