KINSHASA, 23 juillet — Alors que les États-Unis cherchent à stabiliser l’est de la République démocratique du Congo (RDC) afin d’y sécuriser d’importants investissements miniers, un accord de paix fragile est menacé par un vieux dossier : le sort des rebelles hutus rwandais, dont la présence continue d’alimenter les tensions régionales.
L’accord de cessez-le-feu, signé en juin sous la médiation américaine entre le Rwanda et la RDC, visait à faire cesser l’offensive du groupe armé M23, qui a conquis de vastes zones dans la province du Nord-Kivu. Cet accord est essentiel pour permettre au président américain Donald Trump de concrétiser sa vision économique pour la région, riche en coltan, cobalt et autres minerais stratégiques pour les technologies de pointe.
Mais Kigali exige en contrepartie un engagement clair sur la neutralisation des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé composé notamment d’anciens responsables du génocide rwandais de 1994, que le Rwanda considère comme une menace existentielle. Or, de nombreux analystes internationaux jugent cette menace largement exagérée, affirmant que les FDLR ne compteraient plus que quelques centaines de combattants, en majorité âgés, désorganisés, et sans réel pouvoir militaire.
Ce différend risque de compromettre la mise en œuvre de l’accord avant la date limite de dimanche. Le chef de la branche politique des FDLR a d’ailleurs appelé Donald Trump à faire pression pour éviter une nouvelle offensive militaire contre leur groupe, affirmant qu’une telle action « relancerait le cycle de violence » et entraverait les efforts de paix.
Le Rwanda, accusé par l’ONU et plusieurs gouvernements occidentaux de soutenir le M23 pour accéder aux ressources minières congolaises, rejette ces allégations. Kigali justifie la présence de ses troupes dans l’est du Congo par la nécessité de lutter contre les FDLR.
Cette impasse diplomatique illustre les difficultés d’une pacification durable dans une région marquée par des décennies de guerre et d’exploitation. Pour Trump, dont l’administration envisage d’investir massivement dans les infrastructures minières de la région, la réussite de l’accord est cruciale. Mais tant que le litige sur les FDLR n’est pas résolu, la stabilité nécessaire à l’exploitation minière reste incertaine.