Le Portugal soutient le plan marocain d'autonomie pour le Sahara occidental
Le Portugal soutient le plan marocain d'autonomie pour le Sahara occidental

Le Portugal s’est officiellement joint à une liste croissante de pays occidentaux exprimant leur soutien à la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental. Ce mardi, à l’issue d’une rencontre à Lisbonne avec son homologue marocain Nasser Bourita, le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, a salué l’initiative marocaine comme étant une « base sérieuse et crédible » pour une solution au conflit, tout en réaffirmant l’attachement du Portugal au processus onusien.

Le plan d’autonomie, présenté par Rabat en 2007 devant les Nations Unies, propose la création d’institutions locales élues — exécutives, législatives et judiciaires — dans la région du Sahara occidental, tandis que le Maroc conserverait la souveraineté sur les affaires étrangères, la défense et les questions religieuses. Cette proposition s’oppose à celle du Front Polisario, soutenu par l’Algérie, qui milite pour un référendum d’autodétermination et la création d’un État indépendant sahraoui.

Rangel a indiqué que la position portugaise s’inscrivait dans la continuité d’autres pays européens tels que la France, l’Espagne et le Royaume-Uni, qui ont exprimé un appui similaire à la proposition marocaine dans les dernières années. Toutefois, le chef de la diplomatie portugaise s’est gardé de reconnaître explicitement la souveraineté du Maroc sur le territoire, insistant sur le fait que toute solution devait être négociée sous l’égide des Nations Unies.

Selon José Tomaz Castello Branco, politologue à l’Université catholique de Lisbonne, la position portugaise reste mesurée et pragmatique. Il souligne que Lisbonne laisse la porte ouverte à une éventuelle reconnaissance formelle à l’avenir, tout en préservant une marge de manœuvre diplomatique dans une région sensible. « Le Portugal agit avec prudence, conscient de l’importance stratégique du Maroc, pays voisin et partenaire commercial », a-t-il commenté.

Le conflit du Sahara occidental, hérité de la décolonisation espagnole en 1975, reste l’un des derniers différends territoriaux non résolus en Afrique. En 1976, le Front Polisario a proclamé la République arabe sahraouie démocratique (RASD), reconnue par certains États africains et soutenue politiquement et militairement par l’Algérie. Depuis, les tentatives de médiation de l’ONU ont buté sur des désaccords de fond entre les parties.

La déclaration portugaise vient renforcer la position diplomatique du Maroc, qui multiplie les alliances pour légitimer son plan d’autonomie sur la scène internationale. Rabat y voit un moyen de clore définitivement le dossier du Sahara occidental sans recourir à un référendum, jugé irréaliste. Du côté du Front Polisario, ce type de prise de position est systématiquement rejeté, l’organisation dénonçant une violation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Dans un contexte régional tendu, cette prise de position de Lisbonne pourrait relancer les débats au sein de l’Union européenne sur la manière d’aborder le dossier sahraoui, en équilibre entre les impératifs diplomatiques, économiques et les principes du droit international.

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