Le Pakistan a appelé lundi le gouvernement taliban d’Afghanistan à prendre des mesures concrètes pour empêcher les attaques transfrontalières de groupes armés, avertissant que la viabilité du cessez-le-feu récemment conclu dépendra de la capacité de Kaboul à maîtriser ces militants. Cette mise en garde intervient après plusieurs semaines de violences meurtrières à la frontière commune.
Dans un entretien accordé à Reuters, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif, a accusé les talibans pakistanais, connus sous le nom de Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), d’agir « en connivence avec leurs homologues afghans ». Il a affirmé que ces groupes utilisaient le territoire afghan comme base arrière pour mener des attaques contre les forces pakistanaises, compromettant ainsi la stabilité régionale.
Kaboul a immédiatement rejeté ces accusations, qualifiant les propos d’Islamabad de « désinformation destinée à détourner l’attention de ses propres problèmes internes ». Les autorités talibanes afghanes soutiennent qu’elles ne permettent pas à des groupes armés étrangers d’utiliser leur sol pour mener des actions hostiles contre des pays voisins.
Les tensions entre les deux pays se sont accrues après une série d’affrontements violents le long de la frontière afghano-pakistanaise, qui ont fait des dizaines de morts des deux côtés avant la conclusion d’un accord de cessez-le-feu la semaine dernière. Cet accord visait à désamorcer une escalade militaire dans une région déjà instable.
Le ministre Khawaja Asif a toutefois prévenu que « le cessez-le-feu ne tiendra pas si Kaboul ne prend pas des mesures fermes contre les éléments terroristes opérant depuis son territoire ». Il a ajouté que le prochain cycle de discussions entre les deux pays, prévu à Istanbul le 25 octobre, serait « décisif » pour l’avenir des relations bilatérales.
Ces pourparlers s’annoncent cruciaux pour éviter une reprise des hostilités et relancer la coopération sécuritaire entre Islamabad et Kaboul, deux capitales qui, malgré leurs liens historiques et religieux, peinent à instaurer une confiance durable depuis le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan en 2021.