Le Congo accepte un retrait progressif des troupes rwandaises pour conclure un accord de paix avec Kigali
Le Congo accepte un retrait progressif des troupes rwandaises pour conclure un accord de paix avec Kigali

Les autorités congolaises ont renoncé à leur exigence de retrait immédiat des troupes rwandaises stationnées dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), ouvrant ainsi la voie à la signature attendue vendredi d’un accord de paix entre Kinshasa et Kigali sous l’égide des États-Unis, ont révélé jeudi plusieurs sources proches des négociations.

Ce revirement marque un tournant dans les efforts de paix menés en coulisses depuis plusieurs mois. Le gouvernement congolais aurait accepté un retrait progressif des soldats rwandais, estimés à au moins 7 000 selon des diplomates et analystes, présents pour soutenir les rebelles du M23 dans leur récente poussée militaire. Ces derniers ont conquis plusieurs centres urbains stratégiques de l’est du Congo, ainsi que des zones riches en ressources minières.

Rwanda et M23 nient toute alliance formelle, Kigali affirmant agir en légitime défense face aux menaces transfrontalières. Kinshasa, de son côté, accuse depuis des années son voisin d’ingérence militaire et de soutien aux groupes armés opérant sur son territoire. Le retrait exigé par le Congo était jusque-là considéré comme un point non négociable dans les pourparlers.

L’accord à venir, qui devrait être signé à Washington, s’inscrit dans une initiative diplomatique de l’administration Trump visant à stabiliser durablement la région. Il a également pour ambition de renforcer les liens économiques entre les deux pays et les États-Unis, notamment à travers des investissements dans les secteurs miniers. Le Congo et le Rwanda possèdent d’importantes réserves de minerais stratégiques comme le cobalt, le tantale, le cuivre, l’or et le lithium, essentiels à l’industrie technologique mondiale.

Selon les sources citées par Reuters, Washington voit dans cet accord une opportunité d’accès à ces ressources, tout en affirmant son rôle de médiateur dans un conflit complexe qui remonte aux répercussions du génocide rwandais de 1994.

Les détails précis du calendrier de retrait et des engagements bilatéraux de désescalade n’ont pas été rendus publics, mais les négociateurs espèrent que cet accord inaugure une période de stabilité après des années de violence dans la région des Grands Lacs.

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