La Grande-Bretagne reconnaît officiellement l’État palestinien après l’échec d’un ultimatum à Israël @AP
La Grande-Bretagne reconnaît officiellement l’État palestinien après l’échec d’un ultimatum à Israël @AP

Le Royaume-Uni a annoncé dimanche qu’il reconnaissait officiellement l’État palestinien, estimant qu’Israël n’avait pas respecté les conditions fixées, notamment l’instauration d’un cessez-le-feu dans la guerre de Gaza, qui dure depuis près de deux ans.

« Aujourd’hui, pour raviver l’espoir de paix pour les Palestiniens et les Israéliens, et pour avancer vers une solution à deux États, le Royaume-Uni reconnaît officiellement l’État de Palestine », a déclaré le Premier ministre Keir Starmer dans un message publié sur X.

Cette décision aligne Londres sur plus de 140 pays ayant déjà reconnu la Palestine, mais elle risque de provoquer de fortes tensions avec Israël et son allié le plus proche, les États-Unis. Elle revêt un poids symbolique particulier, la Grande-Bretagne ayant joué un rôle historique dans la création d’Israël au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et ayant longtemps été perçue comme un partenaire privilégié de l’État hébreu.

Le gouvernement britannique avait lancé en juillet un ultimatum à Israël, prévenant qu’il reconnaîtrait la Palestine si aucune avancée n’était réalisée sur plusieurs points : un cessez-le-feu avec le Hamas, une augmentation de l’aide humanitaire à Gaza, la garantie qu’aucune annexion de la Cisjordanie ne serait entreprise et un engagement clair en faveur d’un processus de paix menant à une solution à deux États.

La reconnaissance britannique intervient alors que le Canada et l’Australie ont également franchi ce pas dimanche, et que d’autres pays pourraient suivre dans les prochains jours, à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York.

Le chef de la mission palestinienne à Londres, Husam Zomlot, a salué une « reconnaissance attendue depuis longtemps » qui, selon lui, « ne concerne pas seulement la Palestine, mais l’accomplissement par la Grande-Bretagne d’une responsabilité solennelle ». Il a ajouté que cette décision marquait « une étape irréversible vers la justice, la paix et la correction des torts historiques ».

En se démarquant du président américain Donald Trump, qui s’oppose à une telle démarche, Keir Starmer prend un risque diplomatique, mais entend affirmer le rôle de Londres comme acteur majeur dans la recherche d’une issue au conflit israélo-palestinien.

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