GAZA/JÉRUSALEM — Israël a suspendu mercredi l’acheminement d’une partie de l’aide humanitaire vers Gaza, affirmant que des membres du Hamas en avaient détourné une partie à leur profit, selon un haut responsable israélien. Sur place, les clans palestiniens rejettent catégoriquement ces accusations et assurent qu’ils ont sécurisé les convois sans interférence du mouvement islamiste.
La polémique a été relancée par la diffusion d’une vidéo montrant des hommes masqués à bord de camions d’aide dans le nord de Gaza. Les autorités israéliennes affirment qu’il s’agit de militants du Hamas en train de s’approprier l’aide. Le mouvement islamiste dément toute implication, dénonçant une « manipulation » destinée à justifier la réduction de l’aide humanitaire.
« À la lumière des preuves indiquant que le Hamas détourne systématiquement les fournitures humanitaires, Israël suspend temporairement les livraisons jusqu’à nouvel ordre », a déclaré un responsable israélien sous couvert d’anonymat. Il a précisé que l’armée « réévaluerait les mécanismes de distribution pour garantir que l’aide atteigne bien les civils ».
Les tensions autour de l’aide humanitaire ne sont pas nouvelles à Gaza, enclave densément peuplée et ravagée par plus d’un an de guerre. L’armée israélienne accuse régulièrement le Hamas de s’emparer de vivres et de matériel médical pour son usage militaire. Une affirmation que les chefs de clans tribaux locaux démentent vigoureusement.
Dans un communiqué transmis à Reuters, plusieurs notables gazaouis ont affirmé que leurs membres avaient escorté les convois d’aide depuis les points d’entrée vers les zones de distribution pour empêcher justement tout vol ou récupération politique. « Aucune organisation, y compris le Hamas, ne s’est interposée », assurent-ils.
Le Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza depuis 2007, affirme de son côté qu’il a donné instruction à ses membres de ne pas s’impliquer dans la distribution de l’aide, afin d’éviter toute accusation de détournement. « Nous rejetons catégoriquement ces mensonges. L’aide va à notre peuple qui en a désespérément besoin », a déclaré un porte-parole du mouvement.
Cette controverse survient alors que des discussions sont en cours pour relancer les négociations de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, sous l’égide de l’Égypte et du Qatar. L’acheminement et la sécurisation de l’aide humanitaire figurent parmi les principaux points de blocage, dans un contexte de catastrophe humanitaire croissante dans l’enclave palestinienne.