Guerre en Ukraine : après Poutine, Trump décline à son tour sa présence aux pourparlers de paix en Turquie
Guerre en Ukraine : après Poutine, Trump décline à son tour sa présence aux pourparlers de paix en Turquie

Les négociations tant attendues entre la Russie et l’Ukraine s’ouvrent aujourd’hui à Istanbul, sous l’égide de la diplomatie turque, mais sans deux figures majeures qui avaient été évoquées pour y participer : le président russe Vladimir Poutine et le président américain Donald Trump. Leur absence suscite scepticisme et inquiétude quant à l’issue et à la portée réelle de ces discussions censées raviver l’espoir d’une sortie de crise dans un conflit qui dure depuis plus de trois ans.

Un sommet sans les principaux décideurs

Alors que les spéculations autour d’une possible rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky s’étaient intensifiées ces dernières semaines, le Kremlin a mis fin au suspense en annonçant que le président russe ne ferait pas le déplacement à Istanbul. La délégation russe sera dirigée par Vladimir Medinski, ancien ministre de la Culture et actuel conseiller du Kremlin, accompagné de hauts responsables, notamment le vice-ministre de la Défense Alexandre Fomin et le diplomate Mikhaïl Galouzine. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ne participera pas non plus aux discussions, signe que Moscou privilégie une approche technique plutôt que politique au sommet.

Le Kremlin justifie cette décision par « la nécessité d’un cadre préalable plus solide » pour qu’un échange au plus haut niveau puisse avoir lieu. Une position qui reflète les hésitations russes à engager un dialogue direct avec le président ukrainien, alors que les lignes de front restent mouvantes dans l’est du pays.

Donald Trump décline lui aussi l’invitation

De son côté, Donald Trump, pressenti pour jouer un rôle d’intermédiaire ou au moins d’observateur, a également décliné l’invitation, évoquant un agenda chargé lié à sa tournée politique au Moyen-Orient. L’ancien président américain, qui nourrit l’ambition de revenir à la Maison Blanche en 2025, avait déclaré qu’il serait prêt à « discuter avec Poutine et Zelensky pour arrêter cette guerre folle », à condition que la Russie envoie une représentation présidentielle. Ce scénario ne s’étant pas concrétisé, Trump a choisi de rester à distance tout en soutenant l’initiative de dialogue.

L’ex-président aurait personnellement appelé Zelensky pour lui exprimer son soutien aux efforts de paix, tout en critiquant ce qu’il qualifie de « diplomatie molle » de l’administration Biden face à Moscou.

La position de Kiev

Du côté ukrainien, le président Zelensky a exprimé sa déception face au refus de Vladimir Poutine de participer aux pourparlers en personne. « Sans les dirigeants à la table, il est difficile d’espérer une percée », a-t-il déclaré en conférence de presse avant son départ pour Istanbul. Il a cependant salué l’opportunité d’une reprise du dialogue formel, espérant que cela puisse mener à un cessez-le-feu temporaire d’une durée de 30 jours, proposition qu’il a soumise en amont de la réunion.

Cette proposition a été rejetée par la Russie, qui estime qu’un arrêt temporaire des hostilités pourrait être utilisé par l’Ukraine pour se réarmer et repositionner ses troupes, selon The Guardian.

Une conférence sous haute tension

Les pourparlers d’Istanbul, organisés avec le soutien de la Turquie, de la Chine et du Brésil, interviennent dans un contexte de durcissement des sanctions européennes contre la Russie. Un nouveau paquet adopté cette semaine cible les compagnies de transport maritime russes et les entreprises accusées de contourner les sanctions via des pays tiers.

Si certains observateurs espèrent que la reprise du dialogue puisse ouvrir une porte à une résolution diplomatique, d’autres pointent l’absence des principaux dirigeants comme une indication que le sommet risque de ne déboucher que sur des engagements limités.

« Sans Poutine, sans Trump, et avec une guerre qui s’enlise, ces négociations ressemblent davantage à une opération de communication qu’à une réelle avancée diplomatique », analyse Tatiana Kastoueva-Jean, spécialiste de la Russie à l’IFRI.

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