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Le cessez-le-feu décrété entre l’Inde et le Pakistan, après quatre jours d’intenses affrontements transfrontaliers, semblait tenir dimanche matin, malgré de nouvelles accusations mutuelles de violations pendant la nuit. Cette trêve fragile, obtenue grâce à une médiation diplomatique des États-Unis, intervient après le pire épisode de tensions entre les deux puissances nucléaires depuis près de 30 ans.

Les affrontements ont éclaté mercredi, deux semaines après une attaque meurtrière à Pahalgam, dans le Cachemire indien, qui a coûté la vie à 26 hindous. Depuis, les échanges de tirs à l’artillerie, les frappes de drones et les bombardements ont provoqué la mort de près de 70 personnes. Samedi, des bombardements ont encore retenti dans plusieurs secteurs du Cachemire, en dépit de l’accord de cessez-le-feu. L’Inde a accusé le Pakistan d’avoir enfreint l’accord dès les premières heures, tandis qu’Islamabad a rejeté ces accusations et réaffirmé son engagement envers la trêve.

Dans la nuit, les deux camps ont signalé des explosions et des coupures d’électricité dans les villes frontalières, notamment à Jammu, Srinagar et Bhimber. Toutefois, les combats semblaient avoir cessé à l’aube, et le courant avait été rétabli dans la plupart des zones concernées. À Amritsar, ville proche de la frontière, la vie reprenait timidement son cours, marquée par une sirène matinale symbolisant un retour à la normale.

Le président américain Donald Trump, qui s’est félicité de la cessation des hostilités, a annoncé sur Truth Social sa volonté d’accroître les échanges commerciaux avec les deux pays. Il a également proposé de jouer un rôle plus actif dans la résolution de la question du Cachemire, dossier explosif à l’origine de deux des trois guerres ayant opposé New Delhi et Islamabad depuis leur indépendance en 1947.

Le conflit du Cachemire reste au cœur de leurs tensions. L’Inde accuse le Pakistan de soutenir activement les insurgés islamistes présents dans sa partie du territoire, tandis que le Pakistan affirme n’apporter qu’un soutien politique et moral aux séparatistes cachemiris. La région est régulièrement le théâtre d’éruptions de violence, comme celle des derniers jours, qui rappellent la fragilité de toute désescalade.

Sur le terrain, les habitants expriment à la fois leur soulagement et leur inquiétude. « Depuis l’attaque de Pahalgam, nous vivions dans la peur. J’espère que cette fois, le cessez-le-feu tiendra », a confié un commerçant d’Amritsar. À Bhimber, côté pakistanais, des tirs ont encore été signalés, sans faire de victimes. Pour les familles des zones frontalières, la trêve reste incertaine, mais l’espoir renaît.

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