Suppression de jours fériés : les patrons redoutent une nouvelle ponction fiscale
Suppression de jours fériés : les patrons redoutent une nouvelle ponction fiscale

Alors que le gouvernement envisage de supprimer deux jours fériés pour redresser les comptes publics, l’annonce d’une possible contribution financière supplémentaire des entreprises fait grincer des dents dans le camp patronal. Hier lundi, à l’issue d’un nouveau « Conseil des entreprises », les représentants du monde économique ont exprimé leurs réserves, voire leur franche opposition, à un dispositif jugé contre-productif. Le Premier ministre François Bayrou défend cette mesure comme un levier budgétaire : avec deux journées de travail en plus, l’exécutif espère 4,2 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Mais l’enthousiasme du patronat s’est rapidement évaporé lorsque la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, a précisé que ces journées s’accompagneraient d’une contribution obligatoire des entreprises, à l’image de la « journée de solidarité » instaurée en 2004.

Un effort jugé déséquilibré

Le président de l’U2P, Michel Picon, s’est dit inquiet pour des secteurs comme l’hôtellerie, la restauration ou les collectivités locales, qui dépendent fortement des retombées économiques liées aux jours fériés. Quant à Patrick Martin, président du Medef, il a tranché : si cette mesure implique une nouvelle charge, elle perd tout intérêt pour les entreprises. Même prudence du côté de la CPME, dont le dirigeant Amir Reza-Tofighi a appelé à la vigilance sur les modalités de cette contribution. Dans le contexte d’un plan d’économies drastique de 43,8 milliards d’euros pour 2026, qui prévoit notamment un gel des prestations sociales et des retraites, les patrons redoutent que les entreprises ne servent une fois de plus de variable d’ajustement. Le Medef dit soutenir les mesures qui « augmentent la production », mais pas à n’importe quel prix. Pour l’heure, la suppression des jours fériés, loin de faire consensus, s’annonce comme un point de friction de plus entre l’exécutif et les forces économiques.

Partager