Dans son rapport annuel publié ce lundi, la Cour des comptes tire la sonnette d’alarme concernant la situation financière de la Sécurité sociale. L’institution évoque une trajectoire budgétaire « hors de contrôle » qui pourrait conduire à une « crise de liquidité » dès 2027, si aucune mesure corrective n’est prise.
Un déficit en constante augmentation
Le déficit de la Sécurité sociale s’est creusé à 15,3 milliards d’euros en 2024, soit 4,8 milliards de plus que les prévisions initiales. Pour 2025, la Cour anticipe un déficit de 22,1 milliards d’euros. La branche maladie est principalement responsable de cette dérive, représentant 90 % du déficit en 2024.
Jusqu’en 2024, la Caisse d’amortissement de la dette sociale pouvait absorber une partie de la dette en empruntant à moyen et long terme. Cependant, la Cades a atteint son plafond d’endettement. Désormais, c’est l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale qui doit combler les déficits, mais elle ne peut emprunter qu’à court terme. La Cour des comptes souligne que le marché des capitaux à court terme pourrait ne pas suffire à couvrir les besoins futurs, exposant ainsi la Sécurité sociale à un risque de crise de liquidité.
Des réformes nécessaires mais complexes
Pour éviter une telle crise, la Cour des comptes suggère de « recharger » la Cades, c’est-à-dire d’augmenter sa capacité d’endettement, ce qui nécessiterait une loi organique. Cependant, le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici, a reconnu que cette solution serait difficile à mettre en œuvre dans le contexte politique actuel.
Ce dernier a déclaré : « Nous avons perdu le contrôle de nos finances publiques en 2023 et 2024. La dette fragilise le modèle social, il faut arrêter de prendre ces sujets comme si c’était des questions annexes ». La Cour des comptes appelle donc à une prise de conscience et à des actions concrètes pour rétablir l’équilibre financier de la Sécurité sociale…