Ottawa et Pékin discutent de leurs différends commerciaux sur le colza et les véhicules électriques (AP)
Ottawa et Pékin discutent de leurs différends commerciaux sur le colza et les véhicules électriques (AP)

Le Canada et la Chine ont entamé vendredi de nouvelles discussions à haut niveau afin d’apaiser leurs différends commerciaux persistants, notamment autour des exportations de colza et du marché des véhicules électriques. Ces échanges, menés à Pékin entre la ministre canadienne des Affaires étrangères Anita Anand et son homologue chinois Wang Yi, visent à restaurer un dialogue bilatéral mis à mal depuis plusieurs années.

Selon un communiqué d’Ottawa, la rencontre a permis d’aborder « des enjeux sensibles mais essentiels » pour les deux économies, sans pour autant déboucher sur un accord concret. Les tensions commerciales entre les deux pays remontent à 2019, lorsque la Chine avait suspendu les importations de colza canadien, invoquant des préoccupations sanitaires. Derrière cet argument technique, le Canada avait vu une mesure de rétorsion politique après l’arrestation à Vancouver de Meng Wanzhou, dirigeante de Huawei.

Le colza demeure un enjeu majeur pour le Canada, premier exportateur mondial de cette culture, utilisée dans la production d’huile alimentaire et de biocarburants. Les restrictions imposées par Pékin avaient coûté plusieurs milliards de dollars aux producteurs de l’Ouest canadien.

Autre sujet sensible : les véhicules électriques. Ottawa reproche à la Chine ses subventions massives à l’industrie automobile, jugées anticoncurrentielles, tandis que Pékin dénonce les nouvelles taxes imposées par le Canada sur les importations de véhicules électriques chinois. Ces différends s’inscrivent dans un contexte mondial de rivalité technologique et de transition énergétique accélérée.

Malgré l’absence de percée immédiate, les deux ministres ont souligné leur volonté de « poursuivre le dialogue dans un esprit constructif ». Pour Ottawa, la reprise de discussions directes constitue déjà un progrès après des années de tensions diplomatiques, sur fond d’accusations d’ingérence, d’espionnage industriel et de déséquilibres commerciaux.

Les observateurs estiment toutefois que la méfiance mutuelle reste profonde. Si le Canada cherche à diversifier ses débouchés en Asie, la Chine, elle, continue d’exercer une influence considérable sur les marchés agricoles et technologiques canadiens. Le rapprochement sera donc lent mais nécessaire pour deux partenaires économiques que tout oppose, sauf leurs intérêts communs.

Que retenir rapidement ?

Le Canada et la Chine ont entamé vendredi de nouvelles discussions à haut niveau afin d’apaiser leurs différends commerciaux persistants, notamment autour

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