OCDE - la France sommée de serrer la vis budgétaire
OCDE - la France sommée de serrer la vis budgétaire

L’avertissement vient de l’OCDE et il sonne comme un rappel à l’ordre. Dans un entretien accordé à l’AFP, Alvaro Pereira, économiste en chef de l’organisation internationale, appelle la France à se montrer « très prudente sur ses finances dans les prochaines années ». Le pays, dit-il, ne peut plus ignorer la trajectoire de son endettement, qui atteint désormais près de 114 % du PIB, soit 3 345 milliards d’euros fin mars. Pour le responsable, qui s’apprête à rejoindre la Banque du Portugal, l’exemple des pays voisins doit servir de leçon : « L’Italie, le Portugal et d’autres sont revenus à une discipline budgétaire, alors que la France continue d’augmenter sa dette. » Une discipline jugée indispensable au moment où les agences de notation abaissent leur confiance : Fitch a récemment rétrogradé la note française à A+, contre AA– auparavant.

Un endettement structurel et ancien

La dette tricolore ne date pas d’hier. Elle enfle depuis la fin des années 1990, nourrie par des déficits chroniques installés depuis 1975. En 2019, elle représentait déjà 101,2 % du PIB, soit 2 438 milliards d’euros, avant de s’alourdir encore avec les crises successives. Pour certains économistes, l’origine est claire : les dépenses sociales et de fonctionnement financées à crédit, sans contrepartie en création de richesses. Une spirale qui pèse aujourd’hui lourdement sur les marges de manœuvre budgétaires du pays. Alors que la zone euro renoue avec des exigences de rigueur, l’OCDE insiste : la France n’a plus le luxe de différer les choix. Entre réformes structurelles et contrôle des déficits, la pression monte pour éviter que la dette ne devienne, à terme, une menace pour la stabilité économique nationale.

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