Le Fonds monétaire international (FMI) a confirmé vendredi avoir tenu des discussions avec les candidats à la présidentielle bolivienne avant le second tour prévu ce dimanche. Ces entretiens visaient à recueillir leurs visions respectives sur la situation économique du pays et les pistes envisagées pour rétablir la stabilité et relancer la croissance.
« Nous avons bénéficié de leurs points de vue sur les défis économiques auxquels la Bolivie est confrontée et sur la meilleure manière de restaurer la stabilité et la croissance », a déclaré Nigel Chalk, directeur adjoint du département Hémisphère occidental du FMI, lors d’une conférence de presse en marge des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Washington.
L’économie bolivienne traverse une période délicate, marquée par une forte pression sur ses réserves de change, une inflation maîtrisée mais fragile, et des tensions autour du modèle économique basé sur les subventions publiques et les exportations de gaz naturel. La baisse de la production gazière, la dépendance aux importations de carburant et les déficits budgétaires persistants fragilisent le pays, autrefois cité comme modèle de stabilité en Amérique latine.
Le FMI, sans s’immiscer dans le processus électoral, suit de près la situation. Ses échanges avec les candidats illustrent une volonté d’anticiper le cadre économique post-électoral, alors que le pays doit faire face à une crise de liquidités et à la dépréciation croissante de sa monnaie sur le marché parallèle.
Le scrutin de dimanche s’annonce particulièrement serré. Les deux candidats en lice proposent des approches très différentes : l’un prône une ouverture économique plus marquée et un rapprochement avec les institutions internationales, tandis que l’autre défend la continuité du modèle social étatique instauré sous Evo Morales.
Pour l’heure, le FMI s’est dit « prêt à travailler avec les autorités élues » afin d’aider la Bolivie à retrouver un chemin de croissance durable et inclusive. Mais beaucoup dépendra, selon les observateurs, de la capacité du futur président à rétablir la confiance des investisseurs et à engager des réformes structurelles sans provoquer de choc social.